Le projet pilote de récolte de lait maternel à Sherbrooke donne des résultats « très positifs ». Toutefois, il faudrait encore plus de donneuses pour permettre de nourrir tous les bébés prématurés nés à 32 semaines de gestation et moins, indique Amélie Boivin, coordonnatrice de projets et conformité chez Héma-Québec.

Héma-Québec a besoin de plus de lait maternel

Depuis le début du projet pilote d’Héma-Québec à Sherbrooke en novembre dernier, plus d’une trentaine de mères de la région donnent activement de leur lait maternel, ce qui a permis à l’organisme de récolter environ 1550 bouteilles de lait. Les résultats du projet sont jugés « très positifs », mais ne permettent pas encore de répondre à la demande.

« La mission d’Héma-Québec est de répondre à la demande en lait maternel de tous les bébés prématurés nés à 32 semaines de gestation et moins. Avant de lancer le projet pilote à Sherbrooke, nous récoltions les dons seulement à Montréal, depuis 2014, et Québec, depuis 2016, et nous arrivions à répondre aux besoins des prématurés nés à 29 semaines et moins. Depuis que nous sommes présents à Sherbrooke, on arrive à combler les demandes pour les bébés prématurés nés à 30 semaines et moins. C’est une bonne amélioration, mais nous sommes toujours en recrutement », explique Amélie Boivin, coordonnatrice de projets et conformité chez Héma-Québec, précisant que le lait maternel est désormais recueilli dans le centre Plasmavie de Gatineau depuis avril et qu’il le sera prochainement dans les centres de Saguenay, dès le 28 mai, et Trois-Rivières, à l’automne.

Environ 1200 bébés par an naissent prématurément au Québec. Les mères de ces enfants ne sont pas toujours capables d’allaiter leur nouveau-né.

« Le lait de la mère est toujours le choix numéro 1, mais parfois ce n’est pas possible. Les mères peuvent avoir un retard dans leur montée laiteuse ou parfois elles doivent prendre des médicaments. Et les bébés ne peuvent pas toujours prendre le sein puisqu’ils sont souvent placés dans un incubateur », relate Mme Boivin, précisant que le besoin en lait maternel est en croissance.

« Les études scientifiques démontrent qu’un bébé nourri avec du lait maternel a 3,3 fois moins de risque de développer une inflammation au niveau du système digestif. Aussi, les risques d’infections sont moindres, le gain de poids est plus important et l’hospitalisation des prématurés nourris avec le lait maternel est moins longue et moins fréquente. Les médecins sont de plus en plus conscients de ces bienfaits », souligne la coordonnatrice.

Le besoin annuel de la province en lait maternel est de 4000 litres. Pour combler la demande, Héma-Québec estime que 700 donneuses sont nécessaires.

« Dans la région de Sherbrooke, on a estimé que le nombre potentiel de donneuses est de 80, car il y a plusieurs critères pour être donneuse », note Mme Boivin.

Parmi ces critrières, la donneuse doit être la mère d’un bébé de 0 à 12 mois, elle doit allaiter son poupon et avoir un surplus de lait.

« Elle doit aussi être en bonne santé, être non-fumeuse et résider à moins d’une heure de route du centre de dépôt », ajoute la coordonnatrice d’Héma-Québec.

Le lait recueilli à Sherbrooke est envoyé à Montréal où il est testé et pasteurisé avant d’être distribué dans les centres hospitaliers.

« C’est beau de voir les mères-donneuses poser ce geste rempli d’humanité. Chaque bouteille est importante », conclut Mme Boivin.