Une clinique de dépistage mobile s’est tenue jeudi et vendredi dans le secteur d’Ascot. Plusieurs centaines de personnes s’y sont présentées.
Une clinique de dépistage mobile s’est tenue jeudi et vendredi dans le secteur d’Ascot. Plusieurs centaines de personnes s’y sont présentées.

Hausse du nombre de cas et un quartier sous surveillance

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
La Santé publique de l’Estrie a recensé 34 personnes habitant dans le quartier d’Ascot qui ont été déclarées positives à la COVID-19 au cours de la dernière semaine. Cette situation hors de l’ordinaire a forcé le CIUSSS de l’Estrie-CHUS à tenir deux cliniques de dépistage mobile jeudi et vendredi dans ce populeux quartier de Sherbrooke.

Les enquêtes épidémiologiques de la Santé publique de l’Estrie n’ont pas permis de mettre le doigt sur un seul événement qui aurait pu causer la contamination d’autant de personnes, comme on l’a vu plus tôt cet été avec un bar très achalandé de la Rive-Sud de Montréal ou la tenue d’une danse latine à Montréal, plus récemment.

En effet, le nombre élevé de cas dans ce quartier de l’arrondissement du Mont-Bellevue serait la conséquence de plusieurs événements indépendants. « Il n’y a pas un événement qui explique la situation, mais bien plusieurs événements. Il y a eu des rassemblements privés, des rassemblements de quartier, du covoiturage sans que les mesures de distanciation sociale et les autres mesures de protection soient respectées », explique la Dre Geneviève Petit, médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie.

Durant la dernière semaine, le nombre de cas positifs a donc bondi de 65 personnes sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, dont 52 à Sherbrooke. Un pareil bond ne s’était pas vu depuis le mois d’avril.

La Santé publique de l’Estrie a donc redoublé d’ardeur pour tenter de freiner la progression des nouveaux cas. « En ce moment, nous faisons des efforts majeurs pour tenter de contrôler les éclosions et la situation à Ascot qu’on appelle en santé publique un “ agrégat spatio-temporel ”, c’est-à-dire une communauté où il y a de nombreux cas en même temps sans qu’ils soient tous liés à un lieu ou à un événement en particulier », explique la Dre Geneviève Petit.

Durant la dernière semaine, le nombre de cas positifs a bondi de 65 personnes sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, dont 52 à Sherbrooke. Un pareil bond ne s’était pas vu depuis le mois d’avril. — Infographir La Tribune

Deuxième vague?

En plus de l’agrégat du quartier d’Ascot, la Santé publique de l’Estrie a dû aussi faire face à quatre nouvelles éclosions au cours des dix derniers jours dans la région.

La dernière éclosion en date s’est déclarée jeudi au CHSLD de Lambton. La même journée, les membres du personnel et les résidents de l’endroit ont subi le test de dépistage.

Mardi, on a signalé une dizaine de cas à l’entreprise BRP de Valcourt.

La semaine dernière, des éclosions ont été déclarées au CHSLD D’Youville de Sherbrooke ainsi qu’au Centre de formation Saint-Michel de Sherbrooke.

Un étudiant du collégial du Séminaire de Sherbrooke a également été déclaré positif mardi. Si on ne parle pas d’éclosion à ce stade, la nouvelle a quand même donné suite à d’importantes mesures de sécurité au Séminaire de Sherbrooke et à une vaste enquête de la Santé publique de l’Estrie.

Devant ce portrait, peut-on penser que l’Estrie amorcerait déjà une seconde vague de la pandémie de coronavirus?

« Il est trop tôt pour parler d’une deuxième vague. Ces événements nous rappellent que nous sommes toujours dans la pandémie, que le virus est toujours là, qu’il se promène. On savait qu’il faudrait maintenir les mesures dans le temps et nous travaillons fort pour contrôler les éclosions en cours », analyse la Dre Petit.

Dépistage massif

La population d’Ascot a bien répondu à l’appel lancé par la Santé publique, jeudi et vendredi, en se présentant en grand nombre aux deux cliniques de dépistage mobile. Il faut dire que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait mobilisé son vaste réseau de partenaires pour solliciter la population multiethnique de ce secteur.

« Mercredi, nous avons eu une rencontre avec l’Université, le Cégep, le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke, nos partenaires du milieu communautaire, les CPE, pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde et partage le même message, en tenant compte des barrières de la langue », explique la Dre Geneviève Petit.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS continue donc de dépister massivement. Pendant plusieurs mois, l’établissement maintenait un taux d’environ 1000 tests par semaine. Du 14 août au 20 août, il y a eu 4460 tests de dépistage de la COVID-19 prélevés sur le territoire de l’Estrie, presque autant qu’au cours de la semaine qui s’achève avec 4552 tests de COVID-19 prélevés du 21 au 27 août.

Le laboratoire de l’Hôpital Fleurimont fournit pour le moment à la demande et l’équipe de la Santé publique réussit généralement à faire des retours d’appels à l’intérieur de 24 à 48 heures.

« C’est tout un défi de moduler nos activités en fonction des différents besoins, des hausses et des baisses. Nous ne voulons pas de périodes où des employés n’auraient rien à faire, vu les besoins dans l’organisation, alors nous sommes continuellement en train de nous adapter », indique la Dre Geneviève Petit.

De 14 à 10 jours de quarantaine

La période d’isolement pour les cas confirmés de COVID-19 sera dorénavant de 10 jours plutôt que 14 au Québec, a annoncé vendredi le ministère de la Santé.

« L’évolution de nos connaissances nous permet maintenant de raccourcir la durée d’isolement pour les personnes atteintes de la COVID-19. Toutefois il faut s’assurer de répondre aux autres critères, tels que l’absence de symptômes depuis 24 heures et de fièvre depuis 48 heures. Une fois la période d’isolement terminée, les personnes ne sont plus considérés contagieuses, mais elles doivent s’assurer de respecter les consignes s’appliquant à la population générale comme le lavage des mains, le port du couvre-visage et la distanciation physique », a expliqué le Dr Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique du Québec.

Ainsi, pour la majorité de la population, la levée de l’isolement est maintenant possible 10 jours après l’apparition des premiers symptômes ou, si la personne est asymptomatique, 10 jours après la date du test positif à la COVID-19. Jusqu’à maintenant, une personne considérée comme un cas confirmé, soit à la suite d’un résultat positif ou par lien épidémiologique, devait rester en isolement durant 14 jours.