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À Sherbrooke, si on tient compte de la taxe municipale, l’augmentation des loyers devrait être 1,1 %, d’après les estimations du Tribunal administratif du logement.
À Sherbrooke, si on tient compte de la taxe municipale, l’augmentation des loyers devrait être 1,1 %, d’après les estimations du Tribunal administratif du logement.

Hausse des loyers : l’Association des locataires craint l’appauvrissement des ménages

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
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Les indices d’augmentation des loyers évalués par le Tribunal administratif du logement (TAL) sont relativement bas, mais l’Association des locataires de Sherbrooke demeure sur son appétit.

L’application des calculs de l’organisme gouvernemental continuera à appauvrir les locataires, selon Normand Couture, coordonnateur de l’association.

Pour un logement non chauffé, la hausse devrait être de 1,1 %, si on tient compte de l’impact de la taxe municipale à Sherbrooke. Pour un logement chauffé à l’électricité par le propriétaire, elle peut atteindre 1,6 % selon le TAL.

Si le loyer est chauffé au mazout, le locataire peut s’attendre à une diminution du loyer, compte tenu de la baisse des prix du pétrole, fait remarquer M. Couture.

Si on retient que le prix moyen d’un logement 4½ à Sherbrooke est de 600 $ par mois, l’augmentation se situe à environ 6 $. « Pour une personne âgée qui vit de sa pension de vieillesse, l’augmentation des revenus est plus bas que l’augmentation des prix des loyers », déclare-t-il.

« On assiste donc à l’appauvrissement des ménages. Ça touche souvent des femmes qui vivent seules. »

Comme le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) le réclame, M. Couture ne refuserait pas qu’on applique un gel des loyers pour l’année 2021, compte tenu des effets de la pandémie sur les personnes plus pauvres.

« Mais nous avons besoin de logement social parce que malgré un gel les gens vont continuer à payer plus de 50 pour cent de leurs revenus pour se loger », ajoute-t-il.

Les estimations du TAL (anciennement la Régie du logement du Québec) sont des propositions donnant des indications de hausse des loyers pour les propriétaires. Ceux-ci peuvent soumettre l’augmentation qu’ils veulent à leurs locataires. 

« Les propriétaires peuvent demander l’augmentation qu’ils veulent. Mais les locataires hésitent à contester. Seulement 1 % le font, parce qu’ils ont peur des représailles », argumente-t-il.

« Toutefois, une fois devant la Régie du logement, ce sont ses chiffres qui seront considérés. »    

Normand Couture

Pour un gel des loyers

En marge de la publication des indices d’estimation de loyer par le TAL et dans le cadre de sa campagne « Les loyers explosent, un contrôle s’impose! », le RCLALQ en appelle à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, pour un gel des loyers, histoire de donner un répit aux ménages locataires durement affectés par la crise du logement et la crise sanitaire qui perdurent. 

Une récente étude produite par le RCLALQ démontre d’ailleurs que le loyer moyen d’un logement 4 ½ à louer au Québec est de 1032 $ par mois. 

« Ces coûts sont complètement irréalistes pour les ménages à faibles revenus, surtout dans le contexte actuel où plusieurs d’entre eux ont subi des pertes de revenu dans les derniers mois », mentionne Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ.

« L’Ontario et la Colombie-Britannique ont gelé les loyers résidentiels pour 2021, qu’attend le Québec? »

Pour sa part, Mme Laforest dit avoir pris acte des nouveaux pourcentages applicables pour le calcul de l’augmentation des loyers 2021 établis par le TAL en vertu du Règlement sur les critères de fixation de loyer.

Pour aider les parties à s’entendre sur une augmentation du loyer juste et raisonnable, respectant les indices de fixation de loyer 2021, un outil de calcul basé sur différents critères est mis à la disposition du public. 

Elle rappelle que le Québec est la seule province à bénéficier d’un mécanisme de fixation de loyer personnalisé permettant de tenir compte du contexte économique de chaque année pour déterminer les indices. Cette année, la pandémie a nécessairement été prise en compte pour calculer les indices de fixation.