Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Les douceurs sucrées d’Halloween de Chocolats Vanden Eynden
Les douceurs sucrées d’Halloween de Chocolats Vanden Eynden

Halloween chocolatée à saveur locale

CHRONIQUE / Si je vous dis friandises du 31 octobre, je suis à peu près certaine que vous pensez tout de suite aux gros canons du bonbon, à toutes ces compagnies qui œuvrent dans le sucre suremballé depuis des décennies.

Pas besoin de les nommer ici. Vous les connaissez.

Mais un petit vent de changement souffle peut-être sur l’Halloween 2020. 

D’abord parce que les familles seront sans doute moins nombreuses à faire du porte à porte. 

Ensuite parce que l’idée du panier bleu fait son chemin jusque dans l’achat des friandises. Certaines maisonnées ont choisi de délaisser les grandes bannières au profit de sucreries faites à proximité.

« On a vu une différence cette année, confirme Danielle Lalous, copropriétaire de Chocolats Vanden Eynden. On a remarqué que beaucoup de parents, de grands-parents ainsi que des oncles et des tantes venaient acheter des chocolats pour gâter les enfants de leur entourage. En raison du contexte, ils ont choisi de miser sur un produit de qualité supérieure. »

Petits fantômes en chocolat et suçons riches en cacao ont vu leur cote de popularité augmenter à la chocolaterie de Magog. 

« Nos citrouilles surprises, qu’on fait chaque année et qui sont un peu plus coûteuses parce qu’elles sont remplies de petits chocolats, ont aussi été très recherchées : par rapport aux années passées, les ventes ont pratiquement doublé. »

Chez Choco-Daisy de Sherbrooke, même son de cloche. Les ventes en boutique vont bon train, et le site web créé au début de la pandémie a vu se multiplier les commandes d’Halloween. 

« En plus de nos chocolats thématiques, on a aussi offert cette année des ensembles de fabrication de suçons qui ont été très populaires. Les gens trouvent tout ce qu’il faut dans l’emballage pour réaliser l’activité à la maison et on a conçu une courte vidéo, disponible sur notre page Facebook, pour guider pas à pas les apprentis chocolatiers », explique Sébastien Forest, responsable de la succursale sherbrookoise de l’entreprise qui a aussi pignon sur rue à Drummondville.  

Dernier blitz

Karine Méthivier, chocolatière chez Choco-Là, prend mon appel entre deux opérations de moulage. Son jeudi après-midi est consacré à la confection des suçons au chocolat pour regarnir les étalages, où brillent aussi des macarons de saison à la citrouille. 

« C’est le dernier blitz, précise-t-elle. Je n’ai pas de chiffres à donner, mais il y a une belle augmentation de nos ventes et un achalandage en boutique alors que, habituellement, l’Halloween n’est pas une fête où on a énormément de demandes. C’est normal, parce que notre produit est plus niché, on ne peut pas le distribuer aux enfants du quartier comme on le fait avec le chocolat en sacs des grosses compagnies. » 

Reste qu’il existe une option locale pour garnir les citrouilles des petits monstres qui viendront sonner à votre porte.  

Danny Lamontagne, directeur général de Chocolats Lamontagne

Enseigne toute sherbrookoise, Chocolat Lamontagne a fait sa renommée dans la niche des campagnes de financement. Les habitués le savent : l’entreprise ouvre aussi les portes de son magasin d’entrepôt aux clients, en plus d’avoir quelques points de vente régionaux (Metro Plouffe, Tigre Géant, La boucherie du terroir).

Ces jours-ci, à la boutique rue de la Garlock, on trouve notamment des bouchées de chocolat emballées individuellement. Parfaites pour partager avec le voisinage, donc.

« Nos petits carrés offerts en différentes saveurs comme caramel, menthe, chocolat noir framboise, érable et sel de mer n’ont pas la forme traditionnelle des sucreries d’Halloween, mais ils sont quand même bien populaires ces jours-ci », note Danny Lamontagne, directeur général de l’entreprise familiale.

Percée pancanadienne

Ces mêmes bouchées seront aussi vendues à travers les Costco du Québec et de l’Ontario en novembre et décembre. Juste à temps pour les Fêtes. 

« On va faire ce qu’on appelle une douzaine de roadshows pour la chaîne, qui vend déjà nos pistaches au chocolat et au sel de mer himalayen. Celles-ci sont aussi distribuées jusque dans l’Ouest canadien. C’est une belle percée, qui tombe à point », indique M. Lamontagne.

C’est que les traditionnelles activités de financement chocolatées ont été, comme beaucoup de choses, mises sur la glace. 

« En temps normal, les campagnes représentent 20 à 25 % de notre chiffre d’affaires. Cette année, c’est beaucoup moins, mais le virage commercial qu’on a amorcé il y a plusieurs années nous permet de maintenir les opérations. Et l’entente avec Costco amène une stabilité au niveau des emplois. »

La donnée n’est pas anodine. 

« La compagnie que mes parents ont créée il y a 40 ans emploie aujourd’hui quelque 150 personnes. Quand on nous demande quelle est la force de l’entreprise, je pense tout de suite à tous ces gens-là, à l’équipe. On a beau être les meilleurs manufacturiers, si on n’a pas les gens qui font tout fonctionner, on n’arrive à rien. »