Guillaume Lemay Thivierge

Guillaume Lemay Thivierge rend hommage à l'inventeur Jean St-Germain

Le comédien Guillaume Lemay Thivierge s'est dit attristé par la mort de l'inventeur drummondvillois Jean Saint-Germain, un homme inspirant qui se démarquait par son charisme et qui a su le conseiller en moment opportun.
Jean Saint-Germain
Les deux hommes se sont rencontrés à quelques reprises au fil des ans, dont lors du décès de François Saint-Germain. Le fils de Jean était l'associé de Guillaume dans l'aventure de l'Espace Aérodium.
Son départ au terme d'un combat contre le cancer a laissé l'artiste dans une situation difficile.
« Je ne savais plus quoi faire, je me demandais si je devais continuer sans lui. C'est là qu'il m'a dit, et je vais toujours m'en rappeler : si tu fais une crevaison entre Montréal et Québec, est-ce que tu rebrousses chemin ou tu changes le pneu et tu continues. J'ai vite saisi où il voulait en venir », raconte le comédien bien cvonnu.
Le jeune homme a ainsi poursuivi le rêve commun rendu possible grâce à l'une des nombreuses inventions du drummondvillois et le projet, qui est maintenant bien installé à proximité du circuit automobile Icar, fonctionne très bien.
Mode de pensée différente
Au-delà de ces paroles qui l'ont amené à persister dans son entreprise de haute voltige, Guillaume Lemay-Thivierge affirme avoir été inspiré par le mode de pensée différente de l'inventeur, par sa créativité et son côté marginal.
« Il avait un côté spirituel très développé. Il a construit une pyramide afin d'emmagasiner de l'énergie, ainsi qu'une croix immense. Il aimait aussi aider les gens, répondre à leurs besoins, comme il l'avait fait avec le concept de biberon qu'il a vendu à Playtex », continue-t-il.
Si Jean Saint-Germain est parti, Guillaume est convaincu que son oeuvre et sa mémoire sont là pour rester. Son projet d'Aérodium sera certainement l'un des plus porteurs.
« Toutes les entreprises connexes à l'Aérodium, comme les SkyVentures, proviennent de l'invention de M. Saint-Germain, statue-t-il. Il considérait que le fait de voler développait de nouvelles sphères du cerveau humain. Il n'a pas tort, c'est vrai que le vol ne s'apparente à rien de ce qu'on fait naturellement ».
Un artiste
Daniel Saint-Germain, l'un des fils de l'inventeur disparu, se souvient de son père comme d'un homme persévérant qui a été en mesure de faire vivre une famille de 12 enfants d'un art peu commun. Le plus souvent, ce n'est pas lui qui réalisait les profits pour ses inventions. On a qu'à penser au biberon vendu 1000 $ à Playtex.
« C'était un artiste, son plaisir c'était d'inventer des choses et ensuite il les refilait à quelqu'un d'autre pour qu'il s'en occupe. À la fin de sa carrière, il ne demandait même plus de brevet pour ses inventions, il considérait qu'il s'agissait d'une perte de temps », se souvient-il.
Nombre de fois, on a dit à M. Saint-Germain que ses idées ne tenaient pas la route, c'est notamment arrivé dans le cas de l'Aérodium, mais la plupart du temps, il a confondu les sceptiques.
Jean Saint-Germain était également un passionné d'aviation. Il était l'un des rares à être en mesure de concevoir un avion à partir d'un plan dessiné sur un bout de napperon.
« C'est comme si on demandait à un musicien de construire son instrument de musique. Il faut plus que comprendre l'aviation pour faire ça, il faut presque être un oiseau », illustre Daniel.
Étant tombé dans la marmite à inventions alors qu'il était tout petit, le fils a donné dans le domaine pendant une dizaine d'années, mais a été contraint d'abandonner pour des considérations financières.