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Plus de souplesse est réclamée à l’UdeS pour l’organisation des cours en présentiel.
Plus de souplesse est réclamée à l’UdeS pour l’organisation des cours en présentiel.

Grogne autour des cours en présentiel à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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La grogne monte à l’Université de Sherbrooke. Alors que l’institution maintient sa position d’offrir le plus possible de présentiel cet hiver, la Fédération étudiante de l’UdeS (FEUS) et le Syndicat des professeures et des professeurs (SPPUS) réclament plus de souplesse de la part de la direction. « L’UdeS n’arrête pas de répéter que ça va bien. C’est un gros mensonge », lance le président de la FEUS, Alexandre Guimond.

Ce dernier sortait jeudi d’une rencontre avec la direction. 

Les étudiants réclament de pouvoir avoir accès à des modalités comodales, qui permettraient de l’enseignement en présence et des enregistrements pouvant être vus en direct ou non ou un rendez-vous sur Teams par exemple.

Selon lui, en ce moment, les absences pour la COVID sont perçues comme de simples cas de grippe. Les étudiants doivent tenter d’obtenir les notes de leurs camarades ou s’organiser pour voir la matière. Lui-même a dû quitter un cours en raison de trois semaines d’absence, raconte-t-il. 

Autre source d’irritant : alors que des universités comme Concordia ou Bishop’s inscriront la mention « Échec ou réussite » sur le bulletin, l’UdeS oppose une fin de non-recevoir. Une telle mesure permet d’éviter d’affecter la moyenne générale.

À Bishop’s, on précise que lorsqu’ils prendront connaissance de leur note numérique, ils pourront demander à ce qu’elle soit convertie en mention « réussite ou échec ». Cette mesure fait partie de plusieurs autres afin d’alléger le fardeau de la communauté étudiante. À l’instar de l’UdeS, Bishop’s a aussi décalé sa rentrée d’hiver. 

Quand la position de Concordia, la FEUS a été inondée de courriels. 

« On espérait que l’UdeS emboîte le pas. Encore une fois, elle témoigne de sa non-écoute de la communauté étudiante et la non-priorisation de la santé mentale », lance Alexandre Guimond.

Le Théâtre Granada fera partie des nouveaux lieux d’enseignement de l’UdeS.

Le Théâtre Granada s’ajoute

Aux yeux de la vice-rectrice aux études Christine Hudon, la situation est bien différente dans ces autres universités, puisque la majorité des cours ont été offerts en ligne, contrairement à l’UdeS. 

Elle note que l’établissement a mis en place plusieurs mesures, comme reporter de deux semaines la date d’abandon des cours, lancer un fonds pour les étudiants en difficulté ou encore déployer des consultations éclair pour les étudiants qui ressentaient le besoin de voir un psychologue. 

« On n’est pas contre le présentiel, mais il y a beaucoup de problèmes avec cela », observe Alexandre Guimond. Il soulève des difficultés sonores à certains endroits, les aménagements moins adéquats pour la prise de note dans des salles de spectacles ou encore les contraintes pour les personnes à mobilité réduite. Le Théâtre Granada va aussi s’ajouter à la liste des lieux extérieurs qui serviront pour l’enseignement cet hiver. 

« Les modalités comodales permettraient d’atténuer les problèmes pour des raisons d’isolement, plaide Alexandre Guimond. Quand tu es en confinement, tu manques des activités pédagogiques. Si tu ne peux pas te présenter, tu es pénalisé... »

Mme Hudon estime que bon nombre de membres du personnel enseignant offrent plusieurs options de rattrapage. « Le personnel est très dévoué. »

Alexandre Guimond insiste : « Ce n’est pas vrai que l’on va bien. Le rectorat, malgré sa bonne intention, ne fait pas ça de la bonne façon. »

Moins à l’aise

Jointe par La Tribune, la présidente du Syndicat des professeures et des professeurs de l’UdeS (SPPUS), Julie Myre Bisaillon, indique que l’instance et ses membres ne sont pas contre le présentiel. Mais cette façon de faire commande de la souplesse. Avec les cas qui ne font qu’augmenter en Estrie, certains membres souhaiteraient pouvoir passer en ligne : ils ne se sentent plus à l’aise de le faire en personne. L’offre de cours pourrait même être meilleure qu’en formule hybride, plaident certains. Or, les professeurs ne sentent pas l’écoute de la direction sur ce point.

Dans une communication émise jeudi, l’UdeS a fait savoir que comme elle l’avait annoncé cet automne, l’orientation d’offrir un maximum d’activités pédagogiques en présentiel prévaut toujours pour le trimestre d’hiver 2021. « Cette orientation prévaut encore, même si nos campus sont en zone rouge et qu’ils le seront encore probablement à la rentrée d’hiver », souligne-t-elle dans le courriel. 

Elle précise que le décret ministériel permet des activités en classe « si elles sont essentielles à l’acquisition ou à l’évaluation des connaissances. Pour favoriser l’engagement et la persévérance, pour briser l’isolement, les consignes gouvernementales, approuvées par la Santé publique, prévoient que des établissements universitaires peuvent déterminer les activités qui auront lieu dans des lieux physiques, même en zone rouge.

Il y aura donc moins d’activités qu’à la rentrée en août, mais on veut s’assurer que tous les étudiants puissent en avoir. « Ça, on a la marge de manœuvre pour le faire. On peut déterminer ce qui est essentiel à la réussite étudiante », note Mme Hudon en rappelant que le campus offre un environnement sécuritaire.