Les employés syndiqués de la Société des alcools se sont rassemblés devant la SAQ Dépôt de la rue Jean-Paul-Perrault à Sherbrooke pour faire entendre leurs demandes dimanche.

Grève surprise dans les SAQ

Plusieurs personnes se sont butées à des portes fermées devant les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ), dimanche matin, en raison d’une grève-surprise qui s’est tenue à la grandeur du Québec. En Estrie, les employés syndiqués se sont rassemblés devant la SAQ Dépôt de la rue Jean-Paul-Perrault pour faire entendre leurs demandes.

Il s’agit de la troisième journée de grèves sur six jours permis. Rappelons qu’à la fin du mois de juin, les 5500 syndiqués s’étaient prononcés à 91 pour cent en faveur de ces jours de grève.

Les cadres sont rentrés au travail pour maintenir une soixantaine de succursales ouvertes à la grandeur de la province.

La convention collective des employés de la SAQ est échue depuis le 31 mars 2017, mais les négociations ont cours depuis 16 mois.

Lundi, les succursales seront toujours fermées, cette journée de grève était quant à elle annoncée. Ce sera donc la quatrième journée de débrayage, et les employés dénoncent le refus de négocier de leur employeur.

« La grève, c’est le moyen ultime, c’est un message lancé aux dirigeants. Au bout des six jours de grève, si ce n’est pas encore réglé, il va falloir se réunir et regarder les options qu’il va rester sur la table », lance Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN-Estrie).

Plusieurs escouades spécialement dédiées à l’opération des grèves, dans toutes les régions du Québec, feront du piquetage et distribueront des tracts à la population dimanche.

Après l’annonce des fermetures de succursales lancée dimanche matin, plusieurs employés syndiqués de l’Estrie rejoignaient le groupe afin de se mobiliser. Si certaines succursales sont ouvertes aujourd’hui, ce sont les cadres qui veillent au fonctionnement. Aucun employé n’est en fonction pendant les jours de grève.

« Ça n’avance pas, il faut négocier sérieusement, il faut arriver à une entente. On demande aux dirigeants de la SAQ de négocier sérieusement, si vous n’avez pas les mandats, allez les chercher. On est très inquiets, ils veulent encore augmenter la précarité d’emploi. En Estrie, c’est moins de 30 % des emplois qui sont réguliers. Ils veulent empirer le cas », déplore M. Beaudin.

Le personnel et les syndicats n’en démordent pas : ils feront valoir leurs droits jusqu’à l’obtention d’une entente jugée satisfaisante. 

« La SAQ est en très bonne santé financière et engrange des profits faramineux grâce au travail dévoué de ses employés. C’est plus de 1 milliard qui est remis chaque année par la SAQ au gouvernement. Un milliard! Elle est loin d’être dans la misère », ajoute le président de la CSN-Estrie.

Lors du précédent arrêt de travail à la fin août, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré ne pas vouloir se mêler de la négociation à la SAQ, même si le syndicat considère que le premier ministre est le «véritable patron» de la société d’État. M. Couillard a réfuté cet argument, rappelant que la SAQ est gérée par un conseil d’administration autonome.

Les deux parties devraient retourner à la table de négociation mardi. Le syndicat déplore cependant la rigidité de la position patronale soutenant que «le cadre dans lequel la SAQ veut négocier est trop serré».

Dans un communiqué de presse publié en réaction à la grève déclenchée dimanche, la SAQ affirme avoir retiré sa demande de transformer une centaine de postes vacants en quarts de deux jours de fin de semaine.

La société d’État dit aussi avoir soumis de nouvelles propositions concernant la conciliation travail-famille et la précarité d’emploi. Avec la presse canadienne