Lundi matin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN) ont entamé une grève générale illimitée.

Grève générale au Manoir Sherbrooke

Les syndiqués du Manoir Sherbrooke ont mis à exécution leur menace de débrayer. Lundi matin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN) ont entamé une grève générale illimitée.

Sans contrat de travail depuis 29 mois, les salariés de cette résidence pour aînés sont excédés par « l’arrogance » de la famille Savoie, propriétaire du Manoir Sherbrooke, annonce le syndicat.

À la suite d’une décision prise par les travailleurs en assemblée générale le 15 mars, les représentantes du syndicat ont donné « une dernière chance à l’employeur » en lui présentant une offre finale globale le 9 avril dernier.

« Nous avons tenté de nous rapprocher le plus possible des offres patronales, tout en respectant nos demandes minimales. Ce que nous réclamons est extrêmement raisonnable, mais l’employeur ne veut rien entendre », lance Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée aux résidents au Manoir Sherbrooke.  

« Nous ne demandons pas la lune; nous voulons simplement que l’employeur reconnaisse à sa juste valeur le travail que nous effectuons au quotidien, auprès des résidents », souligne-t-elle.

Sur la ligne de piquetage lundi matin, les employés du Manoir Sherbrooke se sont dits déterminés à ne pas retourner au travail tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas une entente satisfaisante sur la table.

Pour Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE–CSN), a soutenu que les membres du syndicat sont déterminés à avoir gain de cause face à l’employeur. « Ça peut être long, mais un conflit, ça peut se régler vite aussi », dit-il.

« On sent qu’ils sont à bout. Les travailleurs ont tout fait pour éviter la grève. »

« Devant ce patron irrespectueux et plein aux as, les travailleuses refusent de s’appauvrir. Je leur lève mon chapeau. La CSN sera là, à leurs côtés, tant qu’il le faudra ».

M. Beaudin assure que les services essentiels aux résidents sont respectés malgré le conflit.

Ce n’est pas d’hier que ce dossier fait parler de lui. On apprenait il y a quelques semaines que le syndicat avait pris des actions comme de signifier par huissier au Groupe Savoie d’une saisie des biens du Manoir Sherbrooke.

La saisie a été demandée par le syndicat à la suite de la négligence et du refus de l’employeur de payer sa part (50 %) de la prime d’assurance maladie des salariées, a-t-on expliqué. Le montant réclamé est d’environ 1200 $ par mois au total. On pourrait saisir des équipements informatiques ou des bureaux.

Rappelons qu’en octobre 2016, le Tribunal d’arbitrage déclarait que l’expression « assurance maladie », dans la convention collective du Manoir Sherbrooke, incluait l’assurance pour soins dentaires, ce que réfutait l’employeur. Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS-CSN) représente une centaine de membres.