Grève du transport scolaire : les chauffeurs se font entendre [PHOTOS et VIDÉO]

Devant l’impasse des négociations, les conducteurs et conductrices d’autobus ont amorcé une première journée de grève, mercredi. Les membres des syndicats des Autobus de l’Estrie, de La Sapinière et des Cantons se sont fait entendre aux intersections des rues King Ouest et Jacques-Cartier pour sensibiliser la population à leurs conditions de travail. Les porte-parole syndicaux ont dénoncé le fait que les transporteurs Sogesco et Transdev refusent d’octroyer les augmentations salariales consenties aux travailleurs d’Autobus B. Dion et Autobus Coaticook.

Le revenu annuel de ces conducteurs qui ont la responsabilité de transporter jusqu’à 72 enfants par jour se situe en moyenne autour de 19 000 $.

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Rappelons que les syndicats des Autobus B. Dion et Autobus Coaticook sont parvenus à des ententes de principe avec leur employeur. « On a deux syndicats qui ont obtenu des ententes à la hauteur de nos attentes. On pense que l’employeur est en mesure d’accéder à nos demandes, voire davantage », a fait valoir le président du secteur transport scolaire à la CSN, Stephen Gauley, également président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs (STT) des Autobus la Sapinière.

« Ce qu’on demande, c’est ce qu’Autobus Ashby a déjà dans la région ici en Estrie. Il est intervenu des ententes de principe avec les Autobus B. Dion et Autobus Coaticook, qui sont à la hauteur de ce qu’Ashby a. C’est la même chose qu’on demande. Nos employeurs ont la capacité de payer. Malheureusement, ils se foutent de nous, il y a vraiment un grand manque de respect (...) Actuellement, pour nous, le salaire est à 20,68 $. Les heures varient, on a seulement 17 heures et demie en garantie. Si on prend Autobus Ashby, actuellement, ils sont à 23,24 $ et en septembre à la rentrée, ils vont être à 23,77 $ et ils ont 20 heures de garanties (...) Ça fait une bonne différence. » Le salaire démarre à 20,68 $ mais pour les conducteurs de gros autobus, précise M. Gauley. « Pour les minibus et les berlines, les salaires descendent. » 

Les représentants syndicaux dénoncent l’attitude des deux transporteurs, soient Sogesco, qualifiée comme étant « la plus grande entreprise détentrice de contrat de transport scolaire au Québec » et la compagnie Transdev, multinationale française. Les membres ont de la difficulté à se faire remplacer lorsqu’ils doivent s’absenter, même en cas de maladie, de deuil et d’obligations familiales, ont-ils reproché aux employeurs. 

Comme aucune séance de négociation de travail n’est prévue dans les prochains jours, les syndicats seront en grève jusqu’au 17 avril et seront de retour au travail le 18 avril. À défaut d’une entente, une autre séquence de débrayage est prévue du 7 au 14 mai. 

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a annoncé mardi qu’elle était dans l’obligation de suspendre le transport scolaire en raison de la grève jusqu’au 17 avril, à moins d’un règlement d’ici là. Douze mille élèves sont touchés sur son territoire. L’organisation a mis en place différentes mesures pour assurer la sécurité et la surveillance auprès des élèves. Une partie des circuits de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC) sont aussi touchés.