Facteurs et factrices étaient réunis jeudi devant les installations de la rue Queen pour manifester et faire pression sur le gouvernement fédéral.

Grève aux postes: «Des nouveaux facteurs lâchent parce que c’est difficile»

Sherbrooke — Sherbrooke a été frappée à son tour, jeudi, par la grève tournante des syndiqués de Postes Canada. Facteurs et factrices étaient réunis devant les installations de la rue Queen pour manifester et faire pression sur le gouvernement fédéral.

« On a un métier difficile. Des fois, la population peut penser qu’on est des enfants gâtés. Mais dans les faits, la majorité des nouveaux facteurs qui entrent en poste lâchent parce que c’est trop difficile. On veut juste des heures normales de travail, c’est-à-dire 8 heures par jour, et être respecté en tant que facteur », explique Vincent Voyer, membre de l’exécutif de la section locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).

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Touchée jeudi tout comme à Kelowna et Calgary, la population sherbrookoise ne devrait pas trop être affectée par cette grève de 24 heures. « Il n’y aura pas plus d’impact que lorsqu’il y a un jour férié. Le courrier sera peut-être retardé d’une journée. Le syndicat a opté pour une grève rotative justement pour minimiser l’impact sur la population », précise M. Voyer.

« Cette grève fait une pression sur l’employeur sans trop toucher la population », insiste Éric Fontaine, autre membre du STTP de Sherbrooke, qui représente dans la région environ 300 facteurs ou factrices dont le tiers travaille en milieu rural et les deux tiers en milieu urbain.

Médiateur

Les syndiqués rencontrés voient d’un œil positif la nomination d’un médiateur spécial annoncée mercredi par la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail, Patricia Hajdu.

« Ça découle directement de nos journées de grève et c’est très positif. On a un gouvernement qui promet d’être protravailleur. On va lui faire confiance jusqu’à preuve du contraire. M. Trudeau ne veut pas imposer de loi spéciale. On n’en veut pas non plus. On veut une convention collective négociée et c’est pour cela qu’on continuera notre grève rotative tant que le gouvernement démontrera de la bonne foi et continuera à négocier. Le médiateur devrait aider », souligne M. Voyer.

Selon les syndiqués de Postes Canada, les conditions de travail ne sont pas adaptées aux nouvelles réalités de leur travail. « Les principaux enjeux sont liés à la santé et la sécurité. Depuis l’arrivée de la poste moderne, il y a une multitude de problèmes sur les routes des facteurs. À Sherbrooke, on s’en tire mieux qu’ailleurs, car on s’est battu fort pour préserver des routes de 8 h, mais ailleurs, Postes Canada a perdu le contrôle et il faut parfois 10 ou 12 heures pour que les facteurs terminent leur parcours. Ils arrivent chez eux brûlés et n’ont plus de vie de famille », raconte M. Voyer, ajoutant que la charge est notamment augmentée par la hausse de 30 pour cent par an des livraisons de colis liées au commerce en ligne. 

« Avec les colis, on doit faire des contacts avec chacun des clients, car on doit livrer en mains propres. Et avec la légalisation du cannabis, on doit maintenant s’assurer que le destinataire a l’âge légal en plus de le faire signer », ajoute M. Fontaine.

La surcharge de poids et les moins bonnes conditions de travail pour les nouveaux facteurs sont d’autres problèmes soulignés par les syndiqués.