Des employés de la Sépaq étaient présents avec des pancartes à l’entrée du parc national du Mont-Orford vendredi.

Grève à la SÉPAQ : les parcs demeurent ouverts

Les employés syndiqués des parcs nationaux du Québec ont choisi de débrayer durant toute la durée du long week-end de l’Action de grâce. Les parcs demeurent toutefois accessibles malgré que tous les services ne soient pas offerts aux visiteurs à l’intérieur de ceux-ci.

La question salariale demeure au cœur du litige existant entre la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) et ses employés. Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) prétend que la moyenne des salaires payés se situe autour de 13 $ à 14 $ par heure alors que la partie patronale dévoile des chiffres nettement supérieurs à cela.

« Il y a des corps d’emploi qui sont très près du salaire minimum. Vous savez, on m’a déjà dit que notre emploi c’est comme des vacances payées, mais on travaille durant les fins de semaine, les jours fériés, les congés et les vacances. Et il ne faut pas se tromper, c’est un vrai travail qu’on a », insiste Frédéric Dagenais, président du SFPQ pour le secteur Centre-du-Québec, Estrie et Mauricie.

Porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin révèle quant à lui que les 2244 « employés standards » de l’organisation touchent un salaire moyen de 17,74 $/heure, excluant les bénéfices marginaux dont le régime de retraite. Et les 150 travailleurs à pourboire gagnent plus de 35 $/heure.

Selon les informations qui circulent, l’employeur proposerait une augmentation d’environ un pour cent par année pendant cinq ans à ses employés. Ces chiffres ne sont pas contestés par M. Boivin, mais ce dernier note qu’ils ne donnent pas un portrait global de l’offre déposée aux travailleurs.

« Je pense que François Legault n’est pas sensible à ce qui se passe à la base, soutient Frédéric Dagenais. Les entrepreneurs sont très importants pour son gouvernement et il dit pour l’essentiel qu’il faut offrir des salaires élevés aux hauts dirigeants pour des raisons de compétitivité. Pourtant, il y en a de la compétition et du roulement dans les parcs. Si on veut garder notre personnel, ça prend des salaires raisonnables. »

Dans la foulée, M. Dagenais mentionne que, selon les prévisions, les augmentations salariales qui seront accordées aux travailleurs québécois en 2019 et 2020, tous secteurs confondus, seront supérieures à deux pour cent. « Comme vous le remarquez, nous on n’est pas là du tout de notre côté. »

« Pas le choix »

Le président régional du SFPQ laisse entendre que les syndiqués n’avaient d’autres choix que de « retourner en grève » pour une nouvelle période de quatre jours.

« Rien ne se passe à la table des négociations. Ça ne bouge pas depuis le rejet de l’entente cet été. On débraye donc de manière stratégique. C’est sûr qu’il y a des impacts sur la clientèle, mais en général les gens sont de notre côté. Beaucoup de monde nous invite à ne pas lâcher. »

Une rencontre entre les parties a eu lieu tout récemment en présence d’un conciliateur. Mais celle-ci n’aurait pas permis de progrès significatifs. On ignore quand l’employeur et le syndicat se rencontreront à nouveau.

Notons que la location d’équipements de plein air, les services de restauration ainsi que les activités avec guide ne sont pas offerts dans les parcs durant les quatre journées de grève prévues. « Mais il n’y a pas d’entrave pour la randonnée, qui est l’activité par excellence ces temps-ci », note Simon Boivin.