Spectre Média, André Vuillemin

Gisèle Roberge règle ses comptes avec les fraudeurs

La saga d’une résiliente est le 6e livre de Gisèle Roberge et est la suite de L’arnaquée, publié en 2011. À l’époque, comme les recours judiciaires étaient toujours en cours, l’auteure avait tu les noms des entreprises et des dirigeants. Maintenant que les procédures sont terminées elle écrit sans censure sur cette épreuve et ce qui l’a aidée à passer au travers.

En 2005, Mme Roberge a perdu 110 000 $ en écoutant les conseils de son ex-planificateur financier, René Proteau, un homme qu’elle considérait comme un ami. Elle avait alors investi une portion de l’héritage laissé par son mari dans Mount Real (80 000 $) et dans Norshield (30 000 $).

« Sur le coup, je ne l’ai pas cru. Finalement, j’ai intenté un procès contre M. Proteau, mais il a fait faillite, il n’a pas pu me payer. Et il n’avait pas son permis de valeurs mobilières », explique l’ancienne enseignante.

En 2016, après 11 ans d’attente, le recours collectif des victimes du scandale financier Mount Real, où 1600 investisseurs ont perdu plus de 130 M$, se soldait par un règlement à l’amiable, qui leur accordait un dédommagement de 43 M$. Mme Roberge attend encore le dénouement du recours collectif contre Norshield. Les ex-PDG de Mount Real et Norshield ont écopé d’une peine de plusieurs années de pénitencier.

La fraude l’a poussé à retravailler. Elle a donné des cours de français à la maison. Et elle a dû changer sa façon de vivre. « Je n’allais plus me faire coiffer. J’aimais ça être bien habillée, il a fallu tout changer. Mais j’ai appris beaucoup. La vie, c’est pas juste l’argent et j’ai appris que j’avais beaucoup de bonnes personnes autour de moi », témoigne-t-elle, émotive, en passant à ses enfants, son frère et ses amis.

« Mon fils Alain m’a beaucoup aidée. Mon frère a eu la gentillesse de me prêter de l’argent. Et je l’ai remboursé. Les fraudeurs devraient rembourser leurs dettes aussi. Sinon, c’est l’injustice de la justice. » 

Mme Roberge a aussi donné des conférences. Et bien sûr, elle a écrit. « Ça m’a beaucoup aidée. »

Si elle pouvait parler aux fraudeurs, elle leur dirait : « Mettez votre cœur. Si vous aviez du cœur, vous ne ferriez pas ça. Des gens sont tombés malades et se sont suicidés à cause de vous! »

Dans le livre, des extraits de témoignages de victime sont retranscrits. Il est aussi question de méditation, de balade et les états d’âme de l’auteure. Ses conseils : s’informer auprès de l’Autorité des marchés financiers pour vérifier si le courtier a le bon permis pour exercer, dénoncer auprès de la Chambre de sécurité financière au besoin et ne jamais démissionner avant d’avoir atteint ses objectifs. Pour se procurer le livre : 

www.giseleroberge.com