Quelque 25 étudiants du groupe Robotique UdeS se sont lancés samedi dans une course de 100 heures, durant laquelle ils construiront un robot selon les critères de la compétition FIRST.
Quelque 25 étudiants du groupe Robotique UdeS se sont lancés samedi dans une course de 100 heures, durant laquelle ils construiront un robot selon les critères de la compétition FIRST.

Génies à la rescousse [VIDÉO]

Condenser 45 jours de travail en 100 h seulement, c’est possible? Quand on allie expertise et communication, oui. Chaque année, à l’Université de Sherbrooke, des étudiants en génie se donnent l’ambitieux défi de réussir l’épreuve annuelle de la compétition robotique FIRST en quatre jours et quatre nuits, et tout ça dans l’unique but de partager leur savoir.

Rivés sur leurs écrans, samedi matin, pour connaître les paramètres de la saison 2020 de FIRST, quelque 25 membres de Robotique UdeS ont entamé une intense course contre la montre durant laquelle ils concevront deux robots répondant aux critères de la compétition. Documentant en temps réel l’évolution de leur travail sur les médias sociaux, de l’analyse du problème jusqu’à la présentation des systèmes, les futurs ingénieurs s’efforcent d’être aussi utiles que possible aux jeunes de 14 à 18 ans qui prennent réellement part à cette compétition d’envergure internationale.

« On veut que ce soit simple, sans être nécessairement cher, parce qu’on sait que c’est très dispendieux de participer à cette compétition pour les écoles, avançait dimanche Victoria Pitz Clairoux, porte-parole pour le groupe. On est en train de se faire des prototypes qui correspondent à plusieurs étapes différentes, surtout pour grimper sur une barre, puisqu’on pense que c’est vraiment la partie importante cette année. Ensuite, on va tout assembler et installer ça sur les robots, puis faire des tests et filmer le tout pour montrer que ça fonctionne et que c’est faisable. On explique aussi aux jeunes de quelle façon ça correspond ou non aux règlements, pour qu’ils n’aient pas à faire la même erreur ou s’ils veulent s’inspirer du mécanisme et du concept. »

Les étudiants reproduisent également la plupart modules qui composeront l’arène lors du jour J. Une fois les 100 heures écoulées, ceux-ci seront tirés au sort parmi les équipes des écoles secondaires de la région afin qu’elles puissent mettre leur propre machine à l’épreuve.

L’avenir et les robots

« Inspirant », « polyvalent » et « possibilités infinies », sont les termes qu’emploie Victoria pour décrire le domaine dans lequel elle a choisi de faire carrière. « On touche à tout et ça nous donne vraiment une chance d’explorer plusieurs domaines. On s’imagine souvent le robot comme une machine qui ressemble à un humain, mais la définition de robot est en fait vraiment large », renchérit celle qui en est actuellement à sa deuxième année d’études en génie robotique, et qui compte parmi les cinq filles de sa cohorte; un chiffre qu’elle aimerait bien voir grimper dans le futur.

Le programme de génie robotique est né il y a trois ans à l’Université de Sherbrooke. Rencontré sur place, Étienne Villemure compte parmi ses tout premiers cobayes.

« C’est vraiment FIRST qui m’a fait faire le saut en robotique. Je l’ai fait au secondaire sans même savoir dans quoi je m’embarquais. Finalement, j’ai adoré et j’ai su que je voulais faire ça de ma vie. Je ne savais pas trop comment j’allais poursuivre là-dedans, mais finalement, en arrivant au Cégep, j’ai vu une affiche du programme de génie robotique, qui débutait exactement l’année où je devais entrer à l’Université. Je n’ai aucun regret. J’ai vraiment du plaisir, j’apprends tout ce que je veux, et j’ai de très bons stages. Puis, je pense qu’on va réellement avoir besoin de gens de robotique plus tard. »

Et plus tard, ça pourrait ressembler à quoi, la robotique? « Il y a beaucoup de problèmes de pénurie de main-d’œuvre, et je pense que la robotique est une solution qui permettrait d’automatiser certains postes, soutient-il. Je pense que c’est quand même très important d’avoir un point de vue d’ensemble. Les gens de la robotique ont une connaissance de la mécanique, de l’électrique... et de comment tout ça se fusionne ensemble. C’est aussi beaucoup plus efficace pour trouver des erreurs dans les systèmes. »