Stéphane Julien et Jocelyn Thibault
Stéphane Julien et Jocelyn Thibault

Générateurs de succès

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Depuis leur rencontre chez les Draveurs de Trois-Rivières en 1991 et leur saison mémorable à Sherbrooke avec les Faucons en 1992-1993, Stéphane Julien et Jocelyn Thibault en ont fait du chemin. Après avoir gardé contact durant tout ce temps, les deux forment encore la paire aujourd’hui. Réunis en 2012 lors du retour du junior majeur, les deux amis de longue date ont mené le Phœnix cette année vers une saison remplie de succès.

La route empruntée par le Phœnix depuis sa naissance était par moment sinueuse. Face à tous ces obstacles, le Phœnix a trébuché à quelques occasions, mais a su bien se relever pour finalement atteindre le sommet cette année, sans toutefois avoir la chance de toucher l’apogée en raison de la pandémie.

« Seulement huit défaites en temps régulier, ce n’est pas arrivé souvent dans l’histoire de la LHJMQ, rappelle l’entraîneur-chef et nouveau directeur général du Phœnix, Stéphane Julien. Les gens trouvent ça impressionnant, moi je trouve ça incroyable. On a établi beaucoup de records collectifs et personnels. Il n’y avait aucun doute que le Phœnix allait terminer au premier rang. Il ne restait que cinq matchs à cette saison de 68 parties. Ce n’est pas comme si l’arrêt des activités était survenu au mois de janvier. »

Premier au classement de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, premier du Top 10 de la Ligue canadienne de hockey, tous les regards étaient tournés sur le Phœnix de Sherbrooke à l’aube des séries éliminatoires. Et ce, même si le noyau était formé principalement de joueur de 18 ans.

« Pour ce qui est de la saison, on est rassasiés, assure Stéphane Julien, qui a connu une longue carrière d’hockeyeur en Europe avant de s’impliquer avec le Phœnix. On connaît tout l’effort qui a été déployé et on sait que l’honneur de l’équipe championne de la saison nous revient. Mais pour ce qui est des séries, il y a encore aujourd’hui une frustration chez nos joueurs, qui étaient en mission dès le premier jour. On est déçus de la fin abrupte. On voulait prendre part aux séries et gagner la coupe! Mais on ne saura jamais ce qui aurait pu arriver. »

Le Phœnix n’a réussi que deux fois à passer la première ronde en huit ans. La situation allait changer cette année, sans aucun doute.

« On n’a jamais paniqué quand ça allait mal dans le passé et on n’a jamais été trop excités par ce qui nous arrivait cette année », indique Jocelyn Thibault, qui a cédé cet été ses fonctions de directeur général à son ancien capitaine chez les Faucons, Stéphane Julien.

C’est par ailleurs loin d’être terminé pour le Phœnix de Sherbrooke, qui s’attend à une autre saison durant laquelle les victoires seront bien plus nombreuses que les défaites.

« Je ne vois pas pourquoi notre équipe ne pourrait pas connaître une fois de plus une saison gagnante, soutient Stéphane Julien. On possède un excellent gardien et de très bons vétérans. Peut-être qu’elle ne sera pas aussi exceptionnelle que la dernière, parce que ce genre de saison ne survient pas souvent, mais on a de bonnes chances. »

« La sélection de Samuel Poulin il y a trois ans est devenue un élément déclencheur, croit Jocelyn Thibault. Il est devenu notre pierre d’assise. »

Un concept d’équipe bien implanté

Arrivé à la barre de la formation en 2015 après avoir gravité autour de l’équipe d’entraîneurs lors des premières saisons, Stéphane Julien estime que l’histoire du Phœnix se divise en deux temps.

« Jocelyn et moi, on a commencé le deuxième cycle du Phœnix en ayant comme objectif de mener l’équipe vers un championnat une fois le club arrivé à terme. Lors des premières années, le Phœnix ne partait de rien. Il y a plusieurs facteurs qui mènent à la réussite d’un cycle, comme la qualité du repêchage. Les choses ont heureusement changé il y a trois ans. Il y a eu une étincelle. L’identité a changé à ce moment-là et l’équipe n’a jamais cessé de progresser. »Quand il repensera à la saison
2019-2020, sa dernière à titre de directeur général, Jocelyn Thibault se souviendra surtout du concept d’équipe.

« Je vais me rappeler du temps et des efforts que ça prend pour qu’une organisation devienne mature à tous les niveaux : côté administratif, scolaire ou sportif. On a atteint la maturité à tous les points de vue. »

Ancré dans la communauté

Le Phœnix n’a pas seulement connu du succès sur la patinoire. Il a également réussi à conquérir le cœur de toute une communauté.

« J’ai senti que la communauté s’appropriait son équipe depuis quelques années. On a gagné en notoriété », croit l’actionnaire Jocelyn Thibault, devenu cet été vice-président des opérations Hockey.

Si le Phœnix a besoin du soutien de la population, à l’inverse, le Phœnix offre une vitrine exceptionnelle à la ville de Sherbrooke selon le copropriétaire Jocelyn Thibault.

« Quand j’étais jeune, si j’allais au Canadien une fois par année, j’étais chanceux, mais j’allais voir les Voisins et le Titan de Laval chaque lundi soir. C’était eux, mes idoles. Je voulais faire ça moi aussi. Je crois également que le hockey junior devient un vecteur promotionnel important pour une région. Sans la présence d’un club de hockey junior, jamais Sherbrooke n’aurait obtenu une visibilité comme celle que le Phœnix a offerte cette année à la ville sur la scène provinciale et nationale. Jamais! » lance fièrement l’ancien gardien du Canadien de Montréal.

Repères

Stéphane Julien

  • Né le 7 avril 1974 à Saint-Tite
  • Marié à Isabelle Caron
  • Père d’Aurélie (21 ans) et Gabrielle (18 ans)
  • 14 saisons en Europe

Jocelyn Thibault

  • Né le 12 janvier 1975
  • Époux de Mélanie Trachy
  • Père de Noémie (21 ans), Zoé (18 ans) et Annabel (17 ans)
  • Repêché en 1re ronde par les Nordiques en 1993
  • 14 saisons dans la LNH