Josée Lamontagne fermera sa garderie à la prochaine rentrée scolaire.
Josée Lamontagne fermera sa garderie à la prochaine rentrée scolaire.

Garderies: «C’est trop», dit une éducatrice

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Après 22 ans d’activité, Josée Lamontagne mettra la clé sous la porte de sa garderie en milieu familial. « Tous les règlements que le gouvernement nous impose... c’est trop », témoigne-t-elle.

« On a beaucoup de tâches. Il faut faire le ménage, éduquer les enfants, faire à manger selon le Guide alimentaire canadien. Ils nous ont ajouté les tâches de faire des dossiers d’enfants avec des grilles d’observation et rencontrer les parents deux fois par année, hors des heures d’ouverture. Qu’est-ce qu’on gagne comme salaire ? Presque rien. Je travaille plus de 50 heures par semaine et je suis payée comme 30 heures », déplore l’éducatrice expérimentée, qui a six enfants sous sa responsabilité et qui dit ne pas gagner le salaire minimum. 

« Mon domaine, c’est de m’occuper des enfants, rappelle Mme Lamontagne. Je ne veux pas remplir des papiers pour faire plaisir au ministre. Lorsqu’il y a des problèmes, je le vois. Cette année, j’ai eu deux enfants qui ont eu des problèmes de langage. Pas besoin de grille pour dire au parent qu’il faudrait aller consulter. »

Selon elle, les éducatrices ne roulent pas sur l’or. « Le ministère de la Famille nous donne un montant et se débarrasse de nous. Il faut acheter des draps pour la sieste, les jouets, les débarbouillettes et l’épicerie, ça coûte cher. Lorsqu’on compte les dépenses, il me revient moins de 30 000 $ par an », explique Mme Lamontagne.

« Je vais fermer à la fin du mois d’août. Trois enfants s’en vont à l’école et les parents des trois autres devront trouver un autre milieu », exprime celle qui réfléchit à cette décision depuis un an. 

À 50 ans, Josée Lamontagne trouvera un travail dans un tout autre domaine. « Selon la nouvelle loi 143, on ne peut plus mettre les enfants en retrait. La mentalité a beaucoup changé en 22 ans et ça ne me rejoint plus dans mes valeurs », conclut-elle.