Nicolas Trottier et Justin Bastarache ont fondé CapTen en janvier 2019. Leur entreprise, qui se spécialise dans la vente de casquettes, de barres de shampooings et d’autres produits à tendance écologique, dédie 10 % de ses profits à la dépollution des étendues d’eau.
Nicolas Trottier et Justin Bastarache ont fondé CapTen en janvier 2019. Leur entreprise, qui se spécialise dans la vente de casquettes, de barres de shampooings et d’autres produits à tendance écologique, dédie 10 % de ses profits à la dépollution des étendues d’eau.

Garder le cap pour les océans

Qui a dit que les étudiants se la coulaient douce en ce moment ? Jonglant à la fois avec leurs études universitaires à temps plein, leurs stages et leur goût pour les affaires, Nicolas Trottier et Justin Bastarache ont passé les derniers mois à sauver du naufrage la deuxième saison estivale de CapTen, leur marque de casquettes qui dédie une partie de ses profits à la dépollution des étendues d’eau.

Ils peuvent dire « sauvetage réussi ». Les deux jeunes entrepreneurs lanceront lundi leur nouvelle collection, en plus d’avoir ajouté en cours de route des shampooings écologiques en barre, un produit qu’ils ont lancé en pleine pandémie afin de continuer à remplir leur mission.

Cette mission, soit la protection des océans, est arrivée tout naturellement, comme l’explique Nicolas Trottier. Les deux amis, qui se sont rencontrés à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke, avaient d’abord une vive envie de se lancer dans un projet commun.

« Je voulais absolument avoir une expérience de gestion et apprendre par moi-même, note M. Trottier, qui étudie en comptabilité, tandis que son collègue se spécialise en marketing et en gestion des technologies d’affaires. Justin est très ambitieux et a des idées et moi j’étais très motivé, alors on s’est mis ensemble, mais on ne voulait pas juste être une autre entreprise qui entre dans la machine du capitalisme et qui fait de l’argent sur le dos des marges de profit. 

« Les océans, l’eau, la pollution plastique, c’est un sujet qui est non seulement d’actualité dans notre génération, mais qui touche vraiment tout le monde, poursuit M. Trottier. Depuis que je suis petit, ça a toujours été important dans ma famille. Puis, pour ce qui est des casquettes, on voulait trouver un produit qui communique facilement notre mission. Les gens les portent fièrement et sont heureux de parler de la cause qu’ils soutiennent. »

M. Bastarache confie cependant qu’à travers différents échanges et présences événementielles, les entrepreneurs ont fait le triste constat que la pollution des cours d’eau et des océans demeure un enjeu peu connu. Pour cette raison, une partie du site web de CapTen est dédiée à du contenu éducatif portant sur la cause. 

Objectif double

Dix pour cent des profits de CapTen sont versés à des organismes qui nettoient les océans. 

L’an dernier, les deux entrepreneurs ont versé près de 400 $ à l’organisme Ocean Legacy, en Colombie-Britannique. Cette année, ils ont amorcé des discussions avec différents organismes qui nettoient des cours d’eau au Québec et au Canada pour leur offrir du soutien. Ils espèrent d’ailleurs doubler leurs ventes cette année, et du même coup, le montant versé pour la santé des cours d’eau. 

« L’an dernier, on a été un peu plus prudents. On en a appris énormément, mais on a vendu étonnamment beaucoup et on s’est vraiment rendu compte que les gens voulaient nous appuyer. Ça nous a donné la motivation pour y aller à fond pour 2020 », fait valoir M. Trottier.   

Est cependant arrivée la pandémie, qui a freiné l’élan de CapTen comme de bien d’autres entreprises, et qui a nécessité un tour de force. Les entrepreneurs ont finalement déniché un fournisseur alternatif et trouvé des subventions pour payer leur directrice des médias sociaux, qui était d’abord restée bénévolement. 

Les casquettes CapTen sont pour le moment brodées au Québec selon différents logos conçus par M. Trottier, tandis que les composantes de la casquette sont fabriquées et assemblées au Vietnam ou au Bangladesh.

S’ils s’assurent de vérifier que leurs fournisseurs répondent à des normes éthiques internationales, les cofondateurs de la marque assurent qu’ils dirigeront leurs efforts vers une chaîne de production locale, dès que l’industrie sera moins paralysée.