Galt Ouest: la Ville achète deux immeubles qu’elle démolira

SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke dépense 802 000 $ pour l’acquisition de deux premiers bâtiments à logements à démolir sur la rue Galt Ouest. Le montant offert, qui inclut une indemnité accessoire pour les troubles, ennuis et inconvénients, se situe sous l’évaluation municipale dans les deux cas.

Rappelons que la Ville a l’intention de reconstruire la rue Galt Ouest, entre les rues Alexandre et Belvédère Sud, pour refaire les infrastructures souterraines, le pavage et le trottoir. Les conduites d’égout y ont été installées entre 1922 et 1930. Pour redresser la voie de circulation à l’ouest du pont ferroviaire, élargir l’espace public, notamment en agrandissant le parc Alfred-Élie-Dufresne, en aménageant des trottoirs plus larges et en construisant une piste cyclable sécuritaire, il devenait nécessaire de démolir huit propriétés de type multifamilial.

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La Ville a réservé 3 M$ pour l’acquisition des immeubles en question et souhaite procéder de gré à gré ou par expropriation.

L’agence immobilière « Immobilier Raymond » a été mandatée pour assister la Ville dans les acquisitions.

Le premier immeuble acheté par la Ville est celui du 389-399 rue Galt Ouest. Construit en 1926, il compte six logements. Le revenu brut potentiel qu’il peut générer est estimé à 28 700 $ alors que l’évaluation municipale au rôle triennal 2019-2021 est de 309 700 $. L’entente porte sur un prix de 279 000 $.

Le deuxième immeuble, voisin du premier, couvre les adresses du 403 au 421, rue Galt Ouest. Le bâtiment de 10 logements a été construit en 1916 et en 1925. Il génère un revenu brut potentiel de 50 500 $ et est évalué à 583 700 $. Le prix de vente a été établi à 523 000 $.

Dans les deux cas, selon les documents rendus publics par la Ville, le secteur, l’état de l’immeuble et les revenus de loyers potentiels rendent l’offre raisonnable.


« C’est un bon début. On va souhaiter que les autres aillent dans le même sens. »
Chantal L’Espérance

Dans le même ordre d’idées, dans les deux cas, l’indemnité versée aux propriétaires ne comprend pas les indemnités qui seront payées aux locataires, qui devront éventuellement être relocalisés. Ils recevront un avis six mois avant la date à laquelle ils devront quitter leur logement. Le volet concernant les locataires sera traité en collaboration avec l’Association des locataires de Sherbrooke et le Service des sports, de la culture et de la vie communautaire.

« C’est un bon début. On va souhaiter que les autres aillent dans le même sens. Plus vite nous terminerons les acquisitions, plus vite nous pourrons faire le projet de la rue Galt. Ça améliorera vraiment le secteur. Nous nous sommes basés sur l’évaluation foncière et l’occupation des logements pour fixer les prix. Si ce n’est pas occupé, ça baisse la valeur des immeubles », commente la conseillère Chantal L’Espérance, qui se dit confiante que les 3 M$ provisionnés seront suffisants pour toutes les acquisitions.

À noter que le projet de la Ville de Sherbrooke comprend aussi la construction de plusieurs immeubles totalisant 70 logements accessibles et abordables. En octobre, Mme L’Espérance a émis le souhait que les locataires évincés dans le cadre du projet de revitalisation aient un premier droit de regard sur les nouveaux logements, mais elle se montrait consciente qu’il y avait des règles à respecter.