Normand Couture, porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke : « C’est certain que même s’il y a construction de logements sociaux, ça prendra deux ou trois ans avant que les nouveaux appartements soient disponibles. Les gens devront être relocalisés, alors il faudra nous assurer que leurs droits seront respectés. »
Normand Couture, porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke : « C’est certain que même s’il y a construction de logements sociaux, ça prendra deux ou trois ans avant que les nouveaux appartements soient disponibles. Les gens devront être relocalisés, alors il faudra nous assurer que leurs droits seront respectés. »

Galt Ouest : la démolition vue comme une bonne nouvelle

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — La démolition de huit immeubles à logements le long de la rue Galt Ouest, entre les rues Belvédère Sud et Alexandre, pour les remplacer pour environ 70 logements sociaux, est une bonne nouvelle, selon le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture. Si le projet soulève des inquiétudes chez les résidants des immeubles en question, M. Couture travaille avec la Ville pour amenuiser les impacts liés au déménagement.

« Un comité a été formé par la Ville et elle nous a invités à y travailler. Il faut se rappeler que nous étions d’accord avec le projet Well inc. à condition qu’on n’embourgeoise pas le quartier du centre-ville. Le chargé de projet nous avait dit qu’on ne toucherait pas aux bâtiments de la rue Galt Ouest. Quand nous avons vu qu’il y avait des plans pour la rue Galt Ouest, nous n’étions pas très contents. On nous a toutefois annoncé qu’il y aurait la construction de logements sociaux pour que les gens puissent continuer à habiter là. Ça c’est une bonne nouvelle », commente Normand Couture.

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Objectif : 100 logements sociaux par année

« C’est certain que même s’il y a construction de logements sociaux, ça prendra deux ou trois ans avant que les nouveaux appartements soient disponibles. Les gens devront être relocalisés, alors il faudra nous assurer que leurs droits seront respectés. Actuellement, ces gens paient 40 % de leurs revenus pour se loger même si les appartements sont insalubres et dangereux pour la santé et la sécurité des gens. Nous sommes allés porter des feuilles pour les locataires de ces logements pour les inviter à une réunion et juste en montant les marches, j’avais peur que ça tombe », ajoute-t-il.

L’Association des locataires reconnaît que le centre-ville a besoin d’une revitalisation. « Il ne faut juste pas l’embourgeoiser comme ça s’est fait dans plusieurs quartiers de Montréal et de Québec. Là c’est un bel exemple qui démontre qu’on ne chasse pas les gens de leur quartier. Il y a aussi la question du milieu de vie. Quand tu es pauvre, tu n’as pas les moyens de te payer une gardienne, de prendre l’autobus. Avec le voisinage, tu te crées un réseau qui te permet d’avoir des services. En plus, dans ce quartier-là, plusieurs services sont à proximité. »

L’organisme a rencontré tous les locataires concernés pour les rassurer. En apprenant les intentions de la Ville de démolir les bâtiments, ils ne savaient pas encore qu’il était prévu de construire des logements sociaux. Il reste que les appartements où ces locataires se relogeront leur coûteront vraisemblablement plus cher.

« Quand tu n’as pas cet argent, tu es inquiet parce que tu te dis que tu devras changer de quartier. Le malheur, c’est qu’entre la réalisation du projet et la relocalisation des locataires, il y aura deux ou trois ans. Les gens paieront plus cher et aucune somme n’est prévue pour le moment pour compenser. Il y a un programme qui existe. Nous sommes en train de le regarder. »

Rien ne garantit non plus que les locataires « évincés » auront priorité pour emménager dans les nouveaux logements sociaux de la rue Galt Ouest. « À la Société d’habitation du Québec (SHQ), comment ça fonctionne, c’est que tu dois être sur la liste de l’Office municipal d’habitation et tu obtiens un rang de priorité en fonction de tes difficultés. On est obligé d’offrir au premier de la liste la subvention pour les nouveaux logements. Nous regardons comment nous pouvons convaincre la SHQ de prioriser les gens évincés. Il est clair qu’on va se battre jusqu’à la fin pour que ces gens aient la possibilité de revenir sur la rue Galt Ouest. »