Jean-Philippe Maranda : « Au début, ils ne croyaient pas en la possibilité que je devienne infirmier. Il a fallu leur prouver que je suis capable de faire les mêmes choses qu’une personne sur deux pattes. »
Jean-Philippe Maranda : « Au début, ils ne croyaient pas en la possibilité que je devienne infirmier. Il a fallu leur prouver que je suis capable de faire les mêmes choses qu’une personne sur deux pattes. »

Futur infirmier sur quatre roues

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
 Résilience : c’est probablement le mot qui décrit le mieux Jean-Philippe Maranda. Se déplaçant en fauteuil roulant, le Sherbrookois s’est retroussé les manches et a participé aux Jeux paralympiques. Maintenant, ce sont les barrières menant à la profession d’infirmier que l’athlète veut défoncer.

« Pour être infirmier en fauteuil roulant, il faut être un peu têtu, convient-il. C’est mon challenge. Au début, ils ne croyaient pas en la possibilité que je devienne infirmier. Il a fallu leur prouver que je suis capable de faire les mêmes choses qu’une personne sur deux pattes. »

Avant son accident, M. Maranda s’en allait dans le domaine de la santé, en physiothérapie. « J’ai finalement fait mon baccalauréat en finance, mais il manquait quelque chose. C’est pourquoi j’ai fait mon retour à l’école. Quand j’ai constaté que ma retraite sportive était arrivée plus tôt que ce que j’avais envisagé, je me suis dit que j’étais encore jeune et que je pouvais aller faire quelque chose qui était plus dans mes racines. »

Quelles ont été les réactions des professeurs et de ses collègues de classe en le voyant arriver dans ses cours? « À la base, ils se sont demandé ce que je faisais là, c’était clair, décrit l’athlète. Avec le temps, j’ai prouvé que les choses pouvaient se faire quand même. Tu arrives avec quelque chose de nouveau. Les capacités de chaque personne en fauteuil sont différentes. On ne peut pas les mettre dans le même moule. Chaque jour, je devais leur prouver que j’étais capable de faire telle ou telle chose. » 

« Mais l’Université de Sherbrooke a été très proactive. Quand j’amenais des solutions, ils l’analysaient. Ils ont acheté un verticalisateur qui me permettait de faire tout ce dont je n’étais pas capable. Au début, ils étaient réticents, mais ils ont vu que j’étais débrouillard et que je le voulais vraiment », se réjouit M. Maranda, ajoutant que ses collègues lui donnent un coup de main en analysant leur situation de stage pour voir si elle est adaptée pour quelqu’un à mobilité réduite. 

Les patients voyant arriver Jean-Philippe Maranda avec son fauteuil roulant sont également surpris. « Ils me demandent si je suis l’infirmier! commente-t-il, riant. Mais j’ai une super belle collaboration avec eux. Ils réagissent très bien. Même moi j’ai été surpris. Les barrières tombent assez rapidement », assure celui qui a eu un faible pour la gériatrie et la santé mentale. 

« Je souhaite que d’autres tentent l’expérience, résume M. Maranda. Si je suis passé par là et que d’autres veulent y aller, je veux que les gens sachent que c’est possible. Si je suis passé au travers, d’autres sont capables de le faire. »