Pour la présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, une réflexion sur la fusion de son organisation avec Commerce Sherbrooke pourrait avoir lieu.
Pour la présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, une réflexion sur la fusion de son organisation avec Commerce Sherbrooke pourrait avoir lieu.

Fusionner Destination Sherbrooke et Commerce Sherbrooke?

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Est-ce que Destination Sherbrooke devrait fusionner avec la nouvelle entité regroupant Commerce Sherbrooke, Pro-Gestion Estrie et la CDEC? La conseillère municipale Évelyne Beaudin pense que oui. 

« Dans l’industrie touristique, il y a énormément d’entreprises d’économie sociale, affirme la conseillère du district du Carrefour. La CDEC s’occupe de l’économie sociale. L’exemple suprême, c’est le Zoo de Granby. C’est une des meilleures entreprises touristiques au Québec et c’est une entreprise d’économie sociale. Même chose pour Jouvence. Je crois qu’il y aurait moyen d’avoir un meilleur soutien aux entrepreneurs de l’industrie touristique. »

« Les restaurants sont aussi des industries touristiques, enchaîne-t-elle. Par exemple, quand quelqu’un vient à Sherbrooke, c’est un passage obligé d’aller au Siboire. Il y a un problème de dire “ toi tu vas être soutenu par Commerce Sherbrooke et toi, par Destination Sherbrooke ”. Actuellement, durant la crise, si tu veux te faire livrer d’un restaurant et que tu veux voir quels restaurants sont ouverts, l’outil a été développé par Destination Sherbrooke. Cependant, si tu as besoin de t’acheter de nouveaux écouteurs, tu vas aller voir les commerçants de Commerce Sherbrooke. »

Selon Évelyne Beaudin, la tendance mondiale en tourisme se porte vers l’art de vivre. « Le tourisme urbain est beaucoup plus populaire que le tourisme en nature. L’une des premières choses que font les touristes à Sherbrooke, c’est d’aller magasiner. D’où l’intérêt, selon moi, d’avoir une intégration plus importante entre le développement commercial et touristique », explique-t-elle. 

Par ailleurs, cette option pourrait entraîner des économies d’échelle. « Mais je ne voudrais pas qu’on se mette à idéaliser et qu’on fonde de gros espoirs en termes d’économies d’échelles. À Sherbrooke, ils ont centralisé les services de parcs et de loisirs, ce n’était pas des économies d’échelles, ils ont juste coupé la moitié des salaires. Ce n’est pas vrai que ça va mieux, au contraire. Ça ne doit pas être la seule et unique raison qui nous guide. Le plus important, c’est le travail concerté et intégré pour faire une force puissante et cohérente », mentionne Mme Beaudin, ajoutant qu’une entité indépendante est plus vulnérable aux intérêts politiques des gens en place.

« Une réflexion qu’on doit avoir »

Pour la présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, une réflexion sur la fusion avec les trois autres paramunicipales doit être effectuée. « Mais est-ce possible qu’on ait une réflexion avant qu’on nous l’impose? En ce moment, nous sommes distraits par toute cette cabale médiatique. On nous a demandé un plan de relance, un plan de contingence, de combler les postes au conseil d’administration, et nous apprivoisons le travail à distance avec la COVID-19. On peut-tu respirer? » réagit-elle. 

« Oui, c’est une possibilité de fusionner avec Commerce Sherbrooke, mais il faut se faire un calendrier de nos priorités et prendre le temps de se parler. Moi j’en ai une autre proposition et j’aimerais qu’on en débatte. Selon nos réflexions, ça changera les gens qui devront être autour de la table. »

La proposition de Sylvie L. Bergeron serait plutôt de faire une alliance avec le monde de la culture et de l’économie circulaire. 

Mme Bergeron indique qu’il faudra aussi songer à la mécanique, si jamais il y avait fusion, à savoir si le conseil d’administration est fusionné ou si un membre de Commerce Sherbrooke doit être invité à Destination Sherbrooke. 

En mettant en commun les organismes de développement économique viendraient des questions sur la gestion des infrastructures. « Dans notre plan de relance, on propose de redonner la gestion de la Maison de l’eau à la Ville de Sherbrooke. Ce serait de bon aloi de la garder pour développer le tourisme local, mais on n’a plus les moyens. Qui s’en occupera? Commerce Sherbrooke? La division des parcs? »

Une chose est certaine, dit Mme Bergeron, c’est que Destination Sherbrooke changera de nom. 

Est-ce que la proposition d’une fusion de plusieurs organismes pourrait être un moyen d’écarter certains intervenants du dossier? « Je ne veux pas l’imaginer comme ça, mais certains le pensent. C’est une question qui est pertinente. »