Zachary Richard a été accueilli avec un enthousiasme débordant, au Festival des traditions du monde mercredi soir.

FTMS : sous le charme de Zachary Richard

L’auteur-compositeur-interprète louisianais Zachary Richard a été accueilli plus que chaleureusement au spectacle d’ouverture du Festival des traditions du monde de Sherbrooke, mercredi soir, alors qu’il s’est produit devant une salle pleine à craquer. Plusieurs dizaines de festivaliers ont même dû rebrousser chemin, déçus, lorsque l’organisation a été contrainte de leur refuser l’accès à la scène pour des raisons de sécurité.

« De remplir la salle, c’est arrivé par le passé, mais de refuser des gens aux portes, de mémoire, ce n’est jamais arrivé au festival ! » a déclaré Valérie Saracosa, directrice des communications du FTMS.

Elle précise que la capacité de la salle Desjardins au centre Julien-Ducharme est de 1650 personnes et que le personnel sur place a commencé à refuser l’entrée aux festivaliers lorsque le nombre de spectateurs s’est rapproché de cette limite.

À l’intérieur, la moitié des spectateurs occupaient les centaines de chaises placées devant la scène alors que l’autre moitié s’entassait assise au sol entre les rangées de sièges ou debout à l’arrière.

Une foule impressionnante

L’impressionnante foule n’a cependant pas laissé le manque d’espace gâcher son plaisir : elle applaudissait vigoureusement avant et après chaque chanson, accompagnant parfois l’artiste en chantant aussi.

Cet enthousiasme débordant s’est même traduit en une drôle de situation en début de spectacle, lorsque les spectateurs ont interrompu l’artiste au milieu d’une chanson, alors qu’une transition plus douce a fait croire prématurément à la fin du morceau, ce qui a provoqué une vague d’applaudissement.

« C’est ce qu’on appelle de l’appréciation prématurée ! » a lancé Zachary Richard, amusé, avant de reprendre sa chanson.

Ce n’était d’ailleurs pas la première interruption puisqu’un peu plus tôt, une chaise s’était bruyamment cassée (heureusement sans occasionner de blessure grave), distrayant le chanteur qui s’est alors excusé avant de lancer du tac au tac « je fais cet effet parfois ! »

Ces petites pointes d’humour spontanées ont consolidé une chaleureuse complicité entre la foule et l’artiste qui s’est poursuivie tout au long du spectacle.

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Pour l’une des œuvres de sa présentation multidisciplinaire, Dolorès Contré a combiné un chant de l’eau rythmé au tambour avec un récit traditionnel portant aussi sur l’eau.

Place aux traditions autochtones

Les racines autochtones étaient à l’honneur en cette première journée de la 22e mouture du Festival des traditions du monde, avec la prestation de l’artiste multidisciplinaire Dolorès Contré suivi de représentations musicales traditionnelles.

« Kwaï - pour dire bonjour en abénakis - puisque nous sommes sur leur territoire », lance Dolorès Contré, rencontrée par La Tribune avant sa prestation à l’événement interculturel sherbrookois, mercredi soir. L’artiste d’origine anichinabée continue de se présenter en langue autochtone d’abord, enfilant les syllabes en une rivière poétique, avant de les traduire en français. Elle précise que « anichinabé » signifie « les premiers êtres humains placés sur Terre ».

Pour le festival, elle explique avoir rassemblé des récits traditionnels de différents peuples autochtones, narrés au rythme d’un tambour autochtone et d’effets sonores, le tout autour du thème de l’eau.

« J’espère surtout que les festivaliers vont retenir les métaphores et symboles autochtones que j’utilise, comme les trois sœurs, pour amorcer le dialogue », confie Dolorès Contré.

Les trois sœurs en question sont le maïs, la courge et le haricot, qui s’entraident durant leur croissance quand elles sont cultivées côte à côte, tel que le faisaient traditionnellement les peuples autochtones. Selon l’artiste, l’intérêt pour les premières nations est actuellement en augmentation — une tendance qui ne serait pas étrangère à la prise de conscience environnementale, puisque les luttes des premières nations pour la préservation de la nature attirent désormais régulièrement l’attention des médias.

L’intérêt pour les autres cultures serait également un facteur.

« On fait un peu plus de place aux traditions autochtones, mais étrangement, on dirait que c’est associé à la multiethnicité. Quand un événement multiethnique est organisé, on dirait qu’on se réveille et qu’on se dit ‘‘Hey, on en a une ethnie, nous aussi! ’’. Il faut alors sensibiliser à la distinction entre les autochtones et les peuples d’ailleurs, sensibiliser à notre histoire qui a été fortement oubliée aussi. Graduellement, on forme des liens et des ponts en faisant des partages comme celui-ci, et le public nous suit », se réjouit Dolorès Contré.

Pour Malika Bajjaje, directrice générale du FTMS, intégrer les premières nations est toujours allé de soi : « On s’est dit qu’on ne pouvait pas vraiment présenter les cultures qui viennent d’ailleurs sans présenter aussi les premières nations, qui sont les racines des Québécois et Canadiens. La culture autochtone a toujours eu sa place dans notre événement, et plus le temps passe, plus on en présente, en plus d’avoir aussi le chapiteau thématique Shack d’Amérique. »

La directrice générale cite à titre d’exemple que la programmation de l’année dernière incluait une résidence artistique d’échange entre les premières nations d’ici et les autochtones du Maroc. Cette année, les festivaliers auront fait le plein de ces traditions dès la première journée de l’événement avec les récits de Dolorès Contré, mais aussi en musique avec Leela Gilday ainsi que Buffalo Hat Singers & Barbara Diabo. Il y aura également un atelier-conférence avec Florent Vollant samedi.

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À l’abri de la pluie

Les prévisions météo maussades des prochains jours ne devraient pas affecter la programmation de la 22e édition du Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS), qui se déroule jusqu’à dimanche au parc Quintal. En effet, la plupart des spectacles sont déjà prévus à l’intérieur, sur la Scène Desjardins dans l’aréna du centre Julien-Ducharme ou sous des chapiteaux. La directrice des communications du FTMS, Valérie Saracosa, avertit que seuls de violents orages pourraient ébranler l’horaire des activités et causer des annulations. Au programme jeudi : de la musique celtique traditionnelle irlandaise, française et canadienne avec The Next Generation Leahy, à 17 h 30 au Pub irlandais; une célébration musicale haïtienne avec le groupe international Lakou Mizik (18 h 30) et Wesli (21 h), à la Scène Loto-Québec; une soirée country avec notamment Rodeo Drive Country Band à 19 h à la Scène Desjardins; une soirée de Swing avec Emily Estrella and the Starlight Stompers à 18 h 45 ainsi qu’avec Early Jazz Band à 21 h 30, le tout au Shack d’Amérique. En plus des 150 spectacles, ateliers et activités présentés durant l’événement, les festivaliers pourront goûter les spécialités de 17 restaurants internationaux, visiter les 70 exposants et s’immerger dans la culture de trois pavillons thématiques.