Frères du Sacré-Cœur: un second recours autorisé par la cour

MAGOG - La Cour supérieure autorise le recours collectif que réclamait une victime alléguée d'abus sexuel à l'encontre des Frères du Sacré-Cœur et d'organisations qui lui sont liées. Plus de 15 millions $ sont réclamés aux parties défenderesses.

Dans un jugement rendu plus tôt cette semaine, le juge Christian Immer donne son autorisation à la demande de recours collectif qui avait été formulée par la firme d'avocats Kugler Kandestin et son client, surnommé F. pour préserver son anonymat.

Si F. est considéré le demandeur officiel, cette action collective pourrait profiter à de nombreuses victimes. L'action judiciaire est en effet effectuée au nom de « toutes les personnes qui ont été agressées sexuellement au Québec par un religieux des Frères du Sacré-Cœur dans tout établissement de formation, école, collège, établissement de loisir, camp, centre d'animation, résidence, paroisse, lieu de culte ou tout autre endroit. »

Il importe toutefois de noter que les anciens élèves du Mont Sacré-Cœur, à Granby, qui auraient été victimes d'abus sexuels lors de leur passage sur place ne sont pas concernés par les démarches entreprises par F. Un recours spécifique a déjà été intenté en leur nom.

Âgé dans la cinquantaine, le demandeur affirme avoir été abusé sexuellement de façon répétée par le frère Léon Maurice Tremblay alors qu'il séjournait au camp Le Manoir aux Éboulements. Les faits reprochés se seraient déroulés en 1978 et 1979.

F. a notamment raconté que les agressions dont il aurait été victime ont eu un « effet dévastateur » sur lui dès les années 1970, mais également par la suite. « Il reproche à l'Institut pontifical, l'Institut Frères du Sacré-Cœur, et à toutes ses composantes de ne pas avoir protégé les enfants sous leur garde. Et il soutient qu'il est impossible que ses dirigeants ne fussent pas au courant des actes commis », note le jugement rendu.

Plus de 50 personnes qui auraient été victimes des Frères du Sacré-Cœur, dans différents lieux à travers le Québec, se sont jusqu'à présent manifestées auprès de la firme Kugler Kandestin. Elles auraient été agressées par au-delà de 30 religieux distincts. « C'est tragique comme situation », estime l'avocat Robert Kugler.

Certains des agresseurs présumés ont œuvré au sein des écoles Notre-Dame-du-Rosaire et Saint-Jean-Baptiste, à Sherbrooke. D'autres encore auraient été associés à l'école Saint-Eugène et à l'organisation des Petits chanteurs, à Granby.

M. Kugler est évidemment heureux de constater que le juge Christian Immer a accueilli favorablement la seconde demande de recours collectif pour agression sexuelle visant les Frères du Sacré-Cœur. « C'est important pour toutes les victimes. Elles auront ainsi la chance d'accéder à la justice », exprime l'avocat.

Si tout fonctionne comme prévu, Kugler Kandestin déposera sa poursuite en janvier prochain et la cour entendra la cause par la suite, en fonction du calendrier qui sera établi.