Le King Hall était bondé mardi soir à l’occasion de la soirée électorale.
Le King Hall était bondé mardi soir à l’occasion de la soirée électorale.

Frénésie électorale à Sherbrooke

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Que ce soit installés confortablement devant leur télévision ou regroupés entre amis dans différents bars de la région, beaucoup de Sherbrookois avaient les yeux rivés devant un écran mardi soir à l’occasion des élections américaines. Selon les témoignages récoltés par La Tribune, une préférence pour le parti démocrate semble se dessiner à Sherbrooke.

Au passage de La Tribune au bar le King Hall en début de soirée, l’endroit était déjà bondé. « On a beaucoup d’employés qui étudient en politique, et règle générale, on est du monde qui aime suivre ça. Ce sont d’ailleurs des débats qu’on a avec les clients », explique Maxime Pothier, gérant du King Hall, où se déroulent des soirées électorales depuis environ six ans.

« Je tiens ça plus à cœur cette année, car il y a quatre ans, on ne pouvait pas prévoir à quel point l’élection de Trump serait néfaste. Maintenant, on a réalisé l’absurdité de la chose. C’est inquiétant », mentionne un client, qui souhaitait garder l’anonymat.

« C’est vraiment difficile de dire qui va gagner. Peu importe le résultat, il y aura probablement des émeutes tout de suite après », croit pour sa part Esther Carle-Pruneau, qui était accompagnée de son amie Audrey Sigouin.

« Il n’y a pas de choix idéal », selon Mme Sigouin. « Rendu là, les gens votent pour le moins pire. J’avoue que j’ai quand même peur, car peu importe ce qui va arriver, ça va probablement mal tourner », regrette-t-elle.

Quant au gérant Maxime Pothier, il trouve que « ça finirait bien l’année que [Donald] Trump s’en aille de la Maison-Blanche ».

Maxime Pothier, gérant du King Hall, espère voir les démocrates gagner les élections américaines. « Ça finirait bien l’année que Trump s’en aille de la Maison-Blanche », exprime-t-il.

La victoire n’est toutefois pas gagnée, croit-il. « Pour avoir moi-même été dans les États plus reculés du nord des États-Unis, ça se peut bien que Trump gagne de nouveau. Ici, on parle en tant que Québécois un peu de gauche, qui ont un bon système de santé, mais là-bas, ils n’ont pas la même réalité ni la même mentalité que nous », ajoute M. Pothier, qui n’aurait « pas du tout » aimé être à la place des États-Uniens.

 « Je m’attends à toutes les éventualités. Si Trump gagne, je ne m’arrêterai pas de vivre pour ça, mais je souhaite aux États-Unis – et au monde entier en fait – que ce ne soit pas le cas », conclut Maxime Pothier.

Plusieurs Sherbrookois suivaient quant à eux les élections du confort de leur chez-soi. C’est le cas de Ian Savard, étudiant en communication, qui abonde d’ailleurs dans le même sens que la clientèle du King Hall. « Je suis la politique américaine depuis Obama versus Romney, et je suis très excité de voir comment ça va finir ce soir! Je n’ai jamais autant souhaité qu’un politicien se fasse battre que Trump ce soir », exprime le jeune homme, qui prenait pourtant pour le parti républicain depuis plusieurs années.

Sur les réseaux sociaux, certains espèrent « une lueur d’espoir en 2020 avec le retour des démocrates », alors que d’autres prient pour que le résultat sorte rapidement, sinon « les réactions des gens à la grandeur du pays pourraient dégénérer ». On peut également lire « qu’en ces temps incertains, la sécurité économique pourrait surpasser le vote logique ».

À l’écriture de ces lignes, la lutte était serrée, et il était encore difficile de prévoir qui de Joe Biden ou Donald Trump remportera les élections.

Plusieurs Sherbrookois ont opté pour une soirée tranquille devant leur ordinateur pour regarder l’évolution des élections américaines 2020.