Le faible taux de francisation des immigrants est non seulement « préoccupant », mais il est aussi « alarmant », selon Mohamed Soulami, président d’Actions interculturelles de développement et d’éducation, qui œuvre à l’intégration des immigrants en Estrie par le biais du marché du travail.

Francisation des immigrants : « Préoccupant », admet Actions interculturelles

Le faible taux de francisation des immigrants est non seulement « préoccupant », mais il est aussi « alarmant », selon Mohamed Soulami, président d’Actions interculturelles de développement et d’éducation, qui œuvre à l’intégration des immigrants en Estrie par le biais du marché du travail.

Sans avoir pris connaissance en détail du rapport de la vérificatrice générale du Québec, M. Soulami reconnaît que le portrait rendu public jeudi correspond à certains échos entendus sur le terrain depuis quelque temps en ce qui concerne le taux de réussite et de participation au parcours de francisation.

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« Ce qu’on constate, c’est qu’on a des personnes immigrantes qui ont suivi les cours et qui, au moment d’entrer sur le marché du travail réalisent qu’elles n’ont pas les connaissances suffisantes pour se qualifier, explique M. Soulami. On a des échos comme quoi ce qu’on leur offre comme formation n’est pas suffisant pour décrocher l’emploi qu’ils convoitent. Maintenant, est-ce que c’est la formation qui est en cause ou l’implication de l’immigrant ? Cela prendrait une analyse plus poussée pour le savoir. »

Le fait que si peu d’immigrants réussissent le cours de francisation est d’autant plus préoccupant que la connaissance du français est indispensable à l’obtention d’un travail fait remarquer M. Soulami.

« C’est essentiel, non seulement pour obtenir un emploi, mais pour s’intégrer dans la société québécoise. Lorsqu’on voit des taux aussi bas, ça peut expliquer aussi pourquoi le taux de chômage est aussi élevé parmi les personnes immigrantes. »

Selon lui, l’efficacité des programmes pourrait expliquer en partie les résultats.

« De nos jours, tout bouge très vite. Si on n’est pas capable d’adapter les programmes à la réalité des nouvelles personnes immigrantes, avec des profils et des réalités différentes, on risque de ne pas atteindre les niveaux d’efficacité recherchés », prévient M. Soulami.

« Il y a aussi des personnes immigrantes dont la situation est très précaire, ajoute-t-il. Comme leurs revenus sont souvent minimes, ils vont être plus pressés d’aller travailler au lieu de passer une année en francisation. On essaie de les encourager à persévérer, mais ce n’est pas toujours évident. »