Francine Guay, présidente du groupe M.I. Integration, a reçu le titre de Grande Estrienne 2017 au Gala Reconnaissance de la Chambre de commerce de Sherbrooke, qui se tenait vendredi soir au Théâtre Granada.

Francine Guay reçue Grande Estrienne 2017

« Je ne suis pas tout à fait descendue de mon nuage encore. Quand j'ai appris que j'étais nommée Grande Estrienne, j'étais sans mot, très émue. C'est un grand honneur, une belle reconnaissance. »
C'est avec beaucoup d'émotions que Francine Guay, présidente de M.I. Intégration, a accepté le titre de Grande Estrienne 2017 au Gala Reconnaissance Estrie de la Chambre de commerce de Sherbrooke, qui se tenait vendredi soir au Théâtre Granada.
« Sur le coup, je ne savais pas d'où ça venait, mais j'ai fini par savoir que c'était ma fille Manon [Houle] et Monique Compagna (NDRL : présidente de Pliages Apaulo) qui étaient derrière cette candidature-là, alors ça me fait d'autant plus chaud au coeur », a confié la gagnante.
Après avoir été femme au foyer pendant huit ans pour élever ses trois enfants, Francine Guay s'est lancée dans l'aventure entrepreneuriale en 1984 avec son conjoint Claude Houle. Ils créaient alors Modelage Mécanique CH.
Au fil des ans, le couple a ensuite fondé Moules Industriels, une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de moules pour l'industrie des plastiques et des caoutchoucs, Plastech, une entreprise spécialisée en injection-thermoplastique, et M.I. Intégration, qui regroupe la force de vente, les ressources humaines et l'administration des autres entités. M. Houle et Mme Guay ont également ouvert deux entreprises au Mexique, SLP MI Integration et SLP Moldes.
Aujourd'hui, M.I. Intégration emploie quelque 250 salariés et génère un chiffre d'affaires de plus de 30 M$, avec ses cinq usines (deux à Sherbrooke, deux au Mexique et une à Ham-Nord).
Défi après défi
Secrétaire de formation, Francine Guay a dû se retrousser les manches pour développer ses compétences entrepreneuriales lorsqu'elle s'est retrouvée propulsée dans le monde des affaires.
« Je n'ai même pas de cégep ou d'université, alors j'ai eu besoin d'aller me chercher des connaissances par moi-même, de « réseauter » pour me former, explique-t-elle. Je suis devenue membre de la Maison régionale de l'industrie et j'ai commencé à rencontrer les gens d'affaires de la région, à suivre des formations, à aller voir des conférences... »
C'est ainsi que Mme Guay a fait partie de différents conseils d'administration, comme celui de la Société de développement économique (SDES), de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) et de la Chambre de commerce de Sherbrooke.
« Toutes ces expériences-là m'ont permis de découvrir comme ça se gère, un conseil d'administration, indique-t-elle. Donc la grande gagnante de toutes ces implications-là, c'est moi. »
En 2001, un nouveau défi attendait la femme d'affaires alors qu'elle remplace son mari à la tête de Moules Industriels, pour ensuite devenir présidente de M.I. Intégration en 2007.
« La présidence, je ne voyais pas ça comme une si grande épreuve, parce que je pensais que c'était déjà ce que je faisais pas mal, raconte Mme Guay. Mais j'avais sous-évalué l'influence qu'avait Claude dans l'entreprise. De prendre ma place et de développer mon leadership, ça n'a pas été simple. Il a fallu que je travaille fort. »
Assurer la relève
Depuis trois ans, Francine Guay travaille aux côtés de deux de ses trois enfants, Vincent et Marie-Claude Houle, qui prennent peu à peu la relève de l'entreprise familiale.
« J'aime à penser que j'agis comme mentor auprès d'eux, dit-elle. Je me tasse tranquillement pas vite pour leur laisser la place. »
Difficile, travailler avec ses enfants? « Ce n'est pas dur, mais c'est délicat », répond Mme Guay après un moment de réflexion. « Parfois, il faut quand même se dire les vraies affaires. Mais l'une de mes plus grandes forces, c'est l'harmonie. Donc pour moi, il n'y a rien qui nécessite qu'on se chicane. »
Même si le mot « retraite » la fait frémir, la présidente de M.I. Intégration avoue réfléchir à cette prochaine étape.
« C'est sûr que je veux faire autre chose, indique-t-elle. L'entreprise, c'est rendu gros, et je n'ai plus vraiment envie de repousser mes limites pour amener cette organisation-là ailleurs comme avant. (...) Je me donne encore quelques années pour sortir de l'entreprise et laisser les enfants la développer à leur tour. »
Lorsqu'elle jette un regard sur la carrière qu'elle a bâtie au cours des trois dernières décennies, Francine Guay se dit fière de celle qu'elle est devenue.
« Que je sois avec mes petits-enfants, au conseil d'administration de Sherbrooke Innopole, sur un panel en train de discuter d'affaires ou dans une formation, je suis toujours la même personne. (...) Peu importe mon rôle, j'ai les mêmes valeurs, le même discours, la même personnalité. Je suis très fière d'avoir toujours gardé cette identité-là et d'être encore émerveillée de ce qui m'arrive. »