Selon Gilles Vandal, professeur émérite à l'École de politique appliquée de l'UdeS, seul un autre attentat important en France pourrait faire pencher la balance en faveur de Marine Le Pen contre Émmanuel Macron au second tour des présidentielles françaises, le 7 mai.

France : pas de scénario américain en vue

Ceux qui espèrent que Marine Le Pen créera la surprise en passant devant Emmanuel Macron au deuxième tour des présidentielles françaises risquent d'être déçus. Le scénario américain, qui a vu Donald Trump coiffer Hilary Clinton à la présidence ne se réalisera pas.
C'est du moins ce que croit le spécialiste de la politique américaine Gilles Vandal, de l'Université de Sherbrooke. Le contexte est assez différent de l'élection américaine, dit-il.
« Le FBI a été pour beaucoup dans la défaite de Clinton vers la fin de l'élection. Ses partisans n'ont pas changé de camp, c'est que plusieurs sont restés chez eux au lieu d'aller voter », explique-t-il.
« On n'a pas ça aux élections en France. Tout le monde semble être derrière Macron. Et il ne reste que deux semaines avant le deuxième tour. Trump et Clinton étaient au coude à coude. Mais finalement Clinton a récolté trois pour cent plus de votes que son rival républicain, même s'il a gagné. »
Le centriste Emmanuel Macron a reçu plusieurs soutiens depuis sa victoire au premier tour de l'élection française, dont celui du président François Hollande. Pour sa part, la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen, qui a terminé au deuxième rang, a attaqué frontalement son jeune adversaire.
Seul un autre attentat important en France pourrait faire pencher la balance en faveur de Le Pen, avance M. Vandal.
Comme Obama
De plus, le professeur émérite à l'École de politique appliquée de l'UdeS dresse un parallèle entre Macron et Barack Obama. Plus on dure longtemps en politique, plus le passé est lourd sur les épaules d'un politicien, fait-il remarquer.
« Obama était vierge politiquement parlant à son arrivée dans la course à la présidence américaine. Il était jeune. Macron lui ressemble sur cet aspect », analyse M. Vandal.
« Clinton avait des squelettes dans son garde-robe. C'est ce qui arrive quand tu es longtemps en politique. Tes adversaires ont une poigne sur toi. François Filion (droite) a aussi souffert de ses squelettes. Ça l'a démoli. Marine Le Pen est quand même la fille de Jean-Marie Le Pen. Elle aussi fait l'objet d'une enquête. »
Un paradoxe semble se dessiner, ajoute toutefois M. Vandal. Le vrai changement, comme tant de Français réclament, viendra avec l'élection de la leader du Front national à l'extrême droite. « Avec Macron, c'est le changement dans la continuité », dit-il.
« Le vrai changement, c'est avec Le Pen. Avec elle, c'est fini l'Union européenne. »