La Faculté d'éducation de l'UdeS a lancé mercredi son Pôle d'innovation technopédagogique en présence d'une cinquantaine de professeurs, chargés de cours et praticiens du milieu de l'enseignement. Le professeur agrégé Florian Meyer, l'ancienne doyenne de la Faculté d'éducation Céline Garant et la vice-doyenne à la formation Julie Desjardins ont notamment pris la parole. -

Focus sur les technologies en enseignement

Parce que les nouvelles technologies transforment à grande vitesse le monde de l'enseignement, la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke a lancé mercredi un Pôle d'innovation technopédagogique, sorte de guichet unique où seront mis en commun les bons coups des professeurs, chercheurs et praticiens en matière technologique, dans le but de faire prendre un véritable virage aux futurs enseignants.
« La technopédagogie, c'est un aspect de l'enseignement qui va bien au-delà de l'utilisation des tableaux interactifs, des tablettes ou d'autres outils matériels de ce type en classe », a expliqué la vice-doyenne à la formation de la Faculté d'éducation, Julie Desjardins, en pointant notamment la popularité des cours en ligne et l'influence des médias sociaux.
« C'est sûr que d'un côté il faut suivre les nouvelles technologies et voir de quelle façon elles évoluent, mais tout ne peut pas changer au fur et à mesure, met-elle en garde. C'est le défi des grandes organisations : on ne change pas comme ça les programmes, mais il faut être sur le qui-vive et développer un système d'alerte. »
La mise sur pied du Pôle d'innovation arrive dans ce contexte où les milieux d'enseignement comme le ministère de l'Éducation sont déjà mobilisés pour tirer le meilleur parti des nouvelles technologies.
« On a lu des signaux que tant dans les milieux scolaires qu'à l'intérieur de la faculté, il y a beaucoup d'initiatives individuelles qui se sont développées et on s'est rendu compte que ces initiatives sont très éparses et que les gens ne savent pas ce que chacun fait de son côté », continue la Pre Desjardins.
« On est une grande faculté, avec près d'une centaine de profs, beaucoup de chargés de cours et beaucoup de programmes, alors on s'est dit que la Faculté d'éducation devait être présente. On a voulu prendre cet élan pour avancer. »
« L'idée c'est d'amener les enseignants, formateurs et acteurs de la faculté à innover, à penser à de nouveaux usages, à une intégration plus riche et plus variée des technologies dans leur enseignement, que ce soit dans le suivi des stages, dans les cours en ligne, dans les cours en présence ou dans les cours hybrides », continue Florian Meyer, professeur agrégé en intégration des technologies en enseignement secondaire et enseignement supérieur.
Le professeur Meyer, qui est également directeur du centre de recherche PeDTice sur la pédagogie, la didactique et les technologies de l'information et de la communication, amène en exemple un environnement numérique de collaboration via Google qui permet la prise de notes collectives pour un groupe d'étudiants. Ou encore l'utilisation d'une plateforme professionnelle multimédia pour la présentation des mémoires des étudiants à la maîtrise.
« Ce qu'on veut faire, c'est permettre aux enseignants de découvrir les types d'innovation qui se mettent en oeuvre, de regarder ce que font leurs pairs, de voir ce qui se fait dans les milieux professionnels et de bénéficier de ces exemples pour incuber chez eux de nouvelles idées et de nouvelles possibilités. »
Soulignons que l'Université de Sherbrooke s'est également dotée en décembre dernier d'une Politique sur l'enrichissement de la formation par le numérique qui suscite déjà, dit-on, de grandes transformations de la pédagogie universitaire. « Quand elles sont utilisées judicieusement et en tenant compte de la recherche en éducation, les technologies ont le pouvoir d'enrichir la formation des personnes apprenantes de tous les niveaux », a commenté le Pr André Beauchesne, vice-recteur adjoint aux études de l'UdeS. « Cette intégration s'inscrit désormais dans nos priorités institutionnelles en matière d'enseignement. Grâce à la profondeur scientifique et au sens de l'innovation qui a toujours animé notre Faculté d'éducation, la création du Pôle d'innovation technopédagogique promet de nous emmener vers de nouveaux sommets. »