L’Université de Sherbrooke compte 30 000 étudiants et s’affaire à trouver des méthodes alternatives pour terminer l’actuelle session d’hiver.
L’Université de Sherbrooke compte 30 000 étudiants et s’affaire à trouver des méthodes alternatives pour terminer l’actuelle session d’hiver.

Fin de session en mode alternatif

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’Université de Sherbrooke et le Cégep de Sherbrooke s’affairent à tenter de trouver des méthodes alternatives pour terminer l’actuelle session d’hiver.

« Le ministère de l’Éducation nous a demandé de regarder pour des mesures alternatives », souligne Marie-Claude Dupoy, directrice du service des communications et des affaires corporatives au Cégep de Sherbrooke. On les regarde avec les membres du personnel enseignant. » 

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Mme Dupoy note qu’il n’y a pas de consignes à transmettre pour le moment, mais celles-ci seront émises le plus rapidement possible, assure-t-elle. Une rencontre du comité des relations de travail est prévue jeudi.

Mardi, l’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke (AÉCS) s’impatientait devant le flou qui entoure la suite des choses. L’AÉCS se préoccupe aussi des mesures à venir concernant le programme d’aide financière aux études (prêts et bourses). Elle invitait les étudiants à la contacter au besoin, au sujet de différentes préoccupations. « On comprend que les étudiants sont inquiets », indique Mme Dupoy en partageant cette inquiétude.

À l’UdeS, le mot d’ordre est de terminer la session en mode alternatif. 

« Ça se passe au niveau de chaque programme. Un certain nombre d’étudiants ont déjà eu des communications », note la vice-rectrice aux études de l’UdeS, Christine Hudon. Toutefois, l’institution n’a pas de « directive formelle ». « Le recteur est en contact quotidien avec le ministère et le cabinet pour travailler sur les enjeux et les solutions adaptées au milieu universitaire. »

L’UdeS compte plus de 30 000 étudiants sur ses différents campus, dont Longueuil. « Les cours qui se donnaient à distance continuent », dit-elle en ajoutant que « le ministère a précisé que les cours à distance pouvaient continuer de se donner ». « Pour les autres cours, il faut réfléchir à des modalités alternatives. » Pour chacun des cours, les directives sont émises aux étudiants concernés. « De manière très centrale, c’est difficile d’avoir un portrait juste. »  

L’UdeS veut terminer la session d’hiver pour la fin avril et démarrer à temps la session d’été, prévue début mai. À partir de ce moment, bon nombre d’étudiants commencent leur stage, certains graduent et commencent dans le milieu de la santé, illustre-t-elle. « On fonctionne 12 mois par année », rappelle-t-elle. 

Les différents modes alternatifs soulèvent de nombreux défis, dont l’évaluation.

« Nos services pédagogiques ont suggéré des modalités d’évaluation pour remplacer les examens en classe. Il y a toutes sortes de possibilités, ça fait partie des choses qu’il faut qu’on voie. »

Rappelons que pour sa part, le Syndicat des chargées et des chargés de cours (SCCCUS) évalue qu’aucun membre du personnel enseignant ne devrait être tenu d’enseigner d’ici le 27 mars, soit d’ici la période de fermeture annoncée. 

Dans un communiqué en ligne, le Syndicat des professeures et des professeurs de l’UdeS (SPPUS) mentionne qu’il est « conscient que des mesures d’urgence risquent d’être reconduites dans les semaines à venir et qu’il est nécessaire de réfléchir dès maintenant, dans la mesure du possible, sur les modalités éventuelles d’enseignement et d’évaluation, y compris par les cours à distance. » Il note aussi que le passage de l’enseignement en présentiel à l’enseignement à distance n’est pas une obligation « mais fait partie des modalités possibles pour poursuivre la session après le 27 mars ».

Encore à l’étranger

L’UdeS surveille en ce moment la situation d’environ 218 étudiants et membres du personnel qui sont à l’extérieur du pays, entre autres pour des sessions à l’étranger, des stages coopératifs à l’international, des colloques, des sabbatiques et des activités de recherche. Il s’agit du dernier recensement et la plupart d’entre eux prévoyaient leur retour, selon Mme Hudon. « Le grand enjeu, c’est de trouver les vols », note-t-elle. L’UdeS a servi de courroie de transmission avec les agences de voyages en plus de répondre aux questions.

Au Cégep de Sherbrooke, tous les stages à l’étranger ont été annulés. Des étudiants en stage au Bénin doivent revenir vendredi, selon Marie-Claude Dupoy.