Me Jean-Pierre Ménard est un avocat spécialisé en droit de la santé.

Fillette décédée à Granby : « Il faudra s’armer de patience », selon Me Ménard

« Il faudra s’armer de patience » avant que toute la lumière soit faite sur l’histoire tragique de la fillette qui a perdu la vie à Granby plus tôt cette semaine, croit Me Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé en droit de la santé.

« Il y a beaucoup de zones d’ombre dans cette histoire, beaucoup d’éléments qu’on ne connait pas. Il faudra une bonne enquête du coroner pour éclaircir tout ça, mais elle ne pourra pas commencer tant qu’il y aura des poursuites criminelles en cours. On pourrait donc devoir attendre entre un an et demi à deux ans avant d’avoir les résultats de l’enquête du coroner », explique l’avocat réputé pour ses luttes contre la grande machine du système de la santé québécois.

Qui est responsable de la mort de cette petite fille connue des services de protection de l’enfance depuis de nombreuses années? Impossible à dire en ce moment, insiste l’avocat : « Je ne sais pas qui est responsable de cette mort. Il y a trop de zones d’ombres, plusieurs éléments qu’on ne connait pas dans toute l’histoire. »

L’enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) et celle du CIUSSS de l’Estrie-CHUS prendront aussi du temps, dit-il.

La suspension avec solde du directeur de la Protection de la jeunesse de l’Estrie Alain Trudel est un premier pas de la part des autorités. « Ce que je sais, par contre, c’est qu’on a vite trouvé un bouc émissaire et que ça va peut-être calmer les choses. Par contre, on ne doit pas se satisfaire de ça. On doit avoir les réponses », précise Me Ménard.

L’avocat a déjà défendu de nombreuses causes concernant des enfants retirés par la direction de la protection de la jeunesse. L’avocat qui se porte à la défense des plus vulnérables connait assez bien cette organisation vouée à la protection de l’enfance.

Est-ce que la DPJ est aussi dysfonctionnelle que plusieurs le laissent croire? « Je dirais que c’est une organisation qui manque de cohésion, qui est inégale. Dans des cas que j’ai défendus, j’ai vu une DPJ qui parlait de plusieurs côtés de la bouche », rapporte Me Jean-Pierre Ménard.