Trois candidats à la mairie participaient au forum organisé par le Conseil provincial du secteur municipal, soit Steve Lussier, Denis Pellerin et Hélène Pigot.

Feux croisés entre Pigot et Lussier

Hélène Pigot et Steve Lussier se sont attaqués mutuellement dans la période de débat d’un forum organisé par le Conseil provincial du secteur municipal lundi. L’espace de discussion entre les candidats à la mairie, à l’Hôtel Delta, prévoyait dix minutes pour que les aspirants s’interpellent entre eux.

En l’absence de Bernard Sévigny, qui avait décliné l’invitation, et de Patrick Tétreault, qui n’avait pas été invité, les deux plus proches poursuivants du maire sortant ont haussé le ton à quelques occasions.

« Votre proposition de créer 2000 emplois, c’est de la poudre aux yeux. Sherbrooke Innopole en crée 180 par année, donc ça veut dire que vous proposez d’en créer 20 de plus seulement », a lancé Mme Pigot, de Sherbrooke Citoyen, à l’intention de M. Lussier. Elle a répété être inquiète qu’il propose d’utiliser son carnet d’adresses pour créer de l’emploi.

« Un maire du domaine des affaires, c’est plus que bon. J’ai négocié avec des milliers de personnes. Je perds énormément d’argent en me présentant à la mairie », s’est justifié Steve Lussier.
Hélène Pigot a martelé qu’elle est la seule à proposer que Sherbrooke Innopole se dote d’une filière agricole.

« Innopole ne sait même pas gérer des industries et c’est leur mandat. Pensez-vous les aider en leur envoyant des vaches et des terres agricoles? », a rétorqué Denis Pellerin.
Steve Lussier ne comprend toujours pas pourquoi Hélène Pigot démissionnera de la chefferie de son parti si elle est élue. « Pourquoi ne pas démissionner du parti maintenant? »

« Je porte le programme de Sherbrooke Citoyen, mais une fois élue, je veux que ce soit symbolique parce que je représenterai tous les citoyens », a répondu Mme Pigot avant d’enchaîner avec une autre attaque.

« Vous êtes le seul à croire qu’on va continuer de taxer les citoyens sans générer de nouveaux revenus. Dites-le immédiatement aux Sherbrookois », a-t-elle lancé en défendant son idée de redevances imposées aux promoteurs sur les nouvelles constructions.

Dans le forum lui-même, Steve Lussier a indiqué que tous les organismes qui reçoivent de deniers publics devraient être soumis aux règles d’accès à l’information. « Quand Steve Lussier va régner à l’hôtel de ville, il y aura un gros changement. Quelqu’un qui veut se présenter à la mairie aura accès à certaines informations, même si c’est un adversaire. »

Hélène Pigot, elle, mandaterait la vérificatrice générale pour qu’elle s’intéresse à la gestion des organismes paramunicipaux.

Tous se sont entendus pour que les stations de traitement des eaux demeurent entièrement publiques, alors que Steve Lussier a été le seul à garder la porte ouverte pour des partenariats public-privé dans d’autres dossiers.

« On devrait arrêter le mélange des genres. Well inc., c’est une façon de pomper l’argent public et de donner les profits au privé », a dit Denis Pellerin. Une position que partage Hélène Pigot. « Ce sont des accords très dangereux. Il va falloir qu’on me montre l’intérêt de le faire. Dans Well inc., on en arrive même à ce que le privé dicte les règles. »

Steve Lussier, lui, considérerait l’apport du privé dans les situations d’urgences ou si certains cas peuvent être avantageux pour la Ville.

Tous s’entendent également pour revoir le plan de transport et pour limiter la sous-traitance.

Enfin, Bernard Sévigny a justifié son absence par un agenda très chargé. « Dans l’agenda que nous avons, il y a trois points de presse cette semaine. Des débats, ça se prépare. Ce sont des heures et des heures de préparation et ça ne rentrait pas dans l’agenda. J’aimais mieux me concentrer sur mon message. Il n’y a plus de places pour les débats. On est dans la logistique. On a accepté sept débats, ce n’est pas rien. »

L’invitation au forum du Conseil provincial du secteur municipal a été acheminée le 23 octobre. Une vingtaine de personnes ont assisté à l’activité.