Même si Québec a donné le feu vert aux festivals et aux rassemblements de 250 personnes et moins, il est visiblement trop tard pour les organisateurs de l’Estrie pour mettre en place ce type d’événements.  
Même si Québec a donné le feu vert aux festivals et aux rassemblements de 250 personnes et moins, il est visiblement trop tard pour les organisateurs de l’Estrie pour mettre en place ce type d’événements.  

Feu vert aux festivals : trop peu trop tard en Estrie

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
Même si Québec a donné le feu vert aux festivals et aux rassemblements de 250 personnes et moins, il est visiblement trop tard pour les organisateurs de l’Estrie pour mettre en place ce type d’événements.  

La directrice du Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS), Malika Bajajje, soutient que malgré cette annonce la prochaine édition de l’événement se déroulera virtuellement du 12 au 16 août. « Ça ne change absolument rien pour nous. Notre festival se prépare un an à l’avance. On doit préparer 150 spectacles et monter un village du monde. Selon moi, il faudra des miracles pour les événements qui se dérouleront au mois d’août. » 

Elle mentionne également que les organisateurs de l’événement ne peuvent pas prédire si les festivaliers répondront présents. « En plus, il n’y a rien qui nous assure que le public sera au rendez-vous avec la distanciation, les masques et le lavage des mains. On commence déjà à regarder quelles mesures sanitaires nous allons mettre en place l’année prochaine. » 

Malgré cette annonce du gouvernement provincial, l’organisatrice des concerts de la Cité Sylvie L. Bergeron n’envisage pas d’éditions automnales pour le moment. « Cette année, les concerts ont été remplacés par La brise culturelle. Ce n’est pas du tout du même ordre et ce n’est vraiment pas la même envergure. Il s’agit de spectacles de 45 minutes en duo ou en trio. Cette année, le budget des concerts de la Cité servira à La brise culturelle pour les lieux éphémères du centre-ville », souligne la dame. 

La Fête des vendanges Magog-Orford ainsi que les Correspondances d’Eastman n’ont pas l’intention de revoir leur décision d’annuler les activités qu’elles avaient prévues sur leur site respectif cette année. 

« Oui, le gouvernement arrive avec de nouvelles règles. Mais on est à trois semaines de nos dates habituelles. C’est impossible pour nous d’organiser des activités dans un si court laps de temps après avoir tout annulé. Et puis il faudrait que ça puisse être rentable et je ne vois pas comment on pourrait y arriver avec ce qui est annoncé par Québec », déclare le président de la Fête des vendanges, Jean-Paul Scieur.  

Les propos de Raphaël Bédard-Chartrand, directeur général des Correspondances d’Eastman, vont dans le même sens. « Notre événement était prévu dès les prochains jours. Ce n’est pas possible d’organiser des choses en 24 heures, surtout lorsqu’on a besoin de plus de 100 bénévoles pour que ça fonctionne », lance-t-il. 

Cela dit, M. Bédard-Chartrand admet que l’annonce gouvernementale de mercredi lui a fait plaisir. « Mais il demeure des zones d’ombre et je ne sais pas comment prendre ça. C’est probablement de bon augure pour l’an prochain », dit-il. 

 Certaines conditions à respecter  

Après avoir été annulés en raison de la COVID-19, les festivals et événements pourront désormais reprendre leurs activités, à certaines conditions.  

Le gouvernement du Québec a annoncé mercredi après-midi qu’il levait l’interdiction pour les organisateurs, mais ceux-ci devront se conformer aux conditions énoncées par la santé publique. 

Ils devront notamment suivre les allées et venues sur leur site pour ne pas dépasser le maximum de 250 personnes. Ils devront aussi veiller à ce que les participants ne résidant pas à une même adresse se tiennent à deux mètres les uns des autres. 

Si un festival possède plus d’un site, ils devront être éloignés et avoir une zone d’accès et d’attente distinctes. 

Les festivals pourront d’ailleurs tenir des événements à l’intérieur comme cela est permis depuis lundi dernier. Dans ce contexte, les participants devront porter un masque et ils devront se tenir à deux mètres les uns des autres, sauf s’ils sont assis — dans ce cas la distance peut être réduite à 1,5 mètre. 

« Les organisateurs de festivals et d’événements sont des professionnels de la gestion de rassemblements, et je suis convaincue que cette reprise se fera de façon responsable », a déclaré dans un communiqué la ministre du Tourisme, Caroline Proulx. Avec la Presse canadienne