C'était soirée de clôture largement courue hier soir à la Maison du cinéma où se sont réunis pour une dernière fois les membres du jury de la compétition internationale Pierre Lebeau, Véronique Grenier, Étienne Rousseau, Luce Couture et Anh Minh Truong.

Festivaliers et cercles d'or

Lorsqu'on lui a demandé d'agir comme président du jury de la quatrième édition du Festival cinéma du monde de Sherbrooke, Pierre Lebeau n'en connaissait même pas l'existence. Et si le comédien a accepté d'y associer son nom, c'était à une seule condition.
La réalisatrice sherbrookoise Marie-Lou Béland a remporté le Cercle d'or de la catégorie régionale du Festival cinéma du monde avec son court métrage 24 h sur la fin de vie.
« J'ai dit okay, mais je voulais voir le taux de fréquention monter en flèche, je voulais qu'on se donne comme mission de gagner en popularité. Et en fait, ce que j'espère maintenant, c'est que les gens ne parlent plus du festival, mais de leur festival », explique Pierre Lebeau en se réjouissant du défi relevé alors que le FCMS a enregistré une hausse de fréquentation significative de l'événement qui s'est amorcé mardi pour se conclure hier avec la présentation du film de clôture devant une salle comble et comblée.
« Les chiffres officiels viendront rapidement, mais on est conscients déjà d'avoir connu une nette augmentation du nombre de festivaliers par rapport aux années précédentes », ont expliqué la directrice générale du FCMS, Malika Bajjaje, et le président du conseil d'administration de l'événement, Claude Belleau.
La présentation en première canadienne de Patients en ouverture de festival avait obligé l'ouverture inattendue d'une deuxième salle, mardi soir, premier indicatif d'une semaine de succès où les passeports se sont rapidement envolés et les différents événements ont été courus. Le décompte des entrées devrait être complété aujourd'hui et on s'attend à dépasser largement les 6000 admissions de l'édition 2016.
« On a consolidé nos acquis et commencé à développer notre public de demain avec le volet jeunesse. Nous sommes maintenant prêts à développer de nouveaux publics à partir de nos observations et des commentaires reçus », a souligné Malika Bajjaje, qui a aussi confirmé la tenue d'un Off Festival cinéma du monde tout au long de la prochaine année par la tenue d'événements mensuels.
Des prix en émotions
La cérémonie de clôture a par ailleurs été l'occasion pour le public de découvrir une partie du travail du cinéaste, réalisateur et producteur Daniel Bertolino, président de Groupe Via le monde, dont on a présenté des extraits de son documentaire de 1971, Moi pas savoir, Me no Savey, en première partie du film de clôture Tanna.
Quatre films qui ont particulièrement touché le public et les jurys du FCMS avaient d'abord été célébrés du Cercle d'or, dont 24 h de la réalisatrice sherbrookoise Marie-Lou Béland, grande gagnante de la compétition régionale avec son film sur la fin de vie. « Un film que j'ai décidé de faire après avoir entendu l'histoire d'un gars de 32 ans qui avait reçu l'aide à mourir et pour lequel Suzanne Nadeau-Whissell m'a beaucoup aidée pour que ça reste plausible », raconte celle qui aspire à décrocher une place à l'INIS en janvier 2018.
« J'ai envie de faire des films où l'on perce des carapaces et on joue avec les émotions, en passant du rire aux larmes. J'ai envie de raconter des histoires où on persiste pour découvrir le vrai et le beau chez l'être humain », note encore Béland, qui pourrait être invitée à présenter son film au Festival de Montpellier, a annoncé hier le président du jury régional, le réalisateur français Vincent Marie.
Béland espère partager du beau et du vrai, à l'image des récipiendaires du volet international, le documentaire néozélandais A Flickering Truth et le film tchèque Home Care qui ont particulièrement touché le jury.
Si le jury a débattu plus longuement pour la catégorie documentaire abordant la question de la mémoire collective en Afghanistan, ses cinq membres se sont rapidement entendus sur le choix de Home Care racontant l'histoire d'une infirmière à domicile qui apprend qu'elle est elle-même atteinte d'un cancer incurable. Une mention spéciale a été décernée à l'actrice principale Alena Mihulova.
C'est par ailleurs le film allemand Fukushima, mon amour qui a remporté la faveur populaire pour le Prix du public Radio-Canada du Festival cinéma du monde.