L’ex-ministre responsable des aînés dans le gouvernement libéral Francine Charbonneau : « Ce sont des situations que l’on prend toujours très au sérieux, car on réalise à quel point il est malheureux d’avoir à sortir des gens de leur milieu et de leurs habitudes. »

Fermetures précipitées des résidences : les libéraux songent à une loi

SHERBROOKE – Une modification à la loi visant à empêcher les fermetures précipitées de résidences pour aînés pourrait être adoptée, sans toutefois s’appliquer aux cas de retrait de certification par les autorités du milieu de la santé comme à la Résidence Sawyerville, explique l’ancienne ministre Francine Charbonneau.

 Lorsque les exploitants d’une résidence pour aînés de Vallée-Jonction ont donné un délai de 48 heures seulement à leurs résidents pour trouver un nouveau chez-soi, la ministre responsable des aînés à l’époque envisageait de modifier la loi en vigueur pour éviter ce type de comportement.

« Ce sont des situations que l’on prend toujours très au sérieux, car on réalise à quel point il est malheureux d’avoir à sortir des gens de leur milieu et de leurs habitudes », réagit Mme Charbonneau. « Quand on ajoute des contraintes qui rendent la situation ingérable pour les résidents, comme un avis d’expulsion de moins d’une semaine, ça devient vraiment cruel pour eux. C’est pourquoi nous avions pensé à modifier la loi pour garantir plus de temps aux résidents pris dans cette situation à l’époque. »

Malheureusement pour les 23 résidents de la Résidence Sawyerville, cette protection légale envisagée par le gouvernement libéral cet été ne les défendrait pas dans la situation où ils se retrouvent, poursuit la ministre de l’opposition en la matière.

« Malheureusement, ce changement à la loi pourrait seulement s’appliquer aux résidences qui ferment volontairement, par exemple lors d’une faillite. Lorsque les autorités du domaine de la santé jugent que les critères de santé, salubrité ou sécurité ne sont pas respectés, on ne peut pas se permettre de les laisser fonctionner trop longtemps. On veut pouvoir garantir la sécurité des résidents à tous moments et éviter une triste histoire », confie-t-elle.

« De plus, des travailleurs sociaux ainsi que d’autres membres du personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS aident les résidents à se trouver une nouvelle demeure dans les jours depuis l’annonce et ils ont plus d’une semaine pour le faire. C’est une situation triste qu’on veut toujours éviter, mais le délai accordé et le soutien apporté aux résidents semblent être acceptables », ajoute Mme Charbonneau, en comparaison avec l’avis d’expulsion de 48 heures qui avait été servi aux résidents de Vallée-Jonction.

Blais surveille la situation de près

De son côté, la ministre actuellement responsable des aînés pour le gouvernement caquiste de François Legault, Marguerite Blais, surveille la situation de près et tente de trouver des pistes de solution, assure son attaché Réjean Léveillé.

« Mme Blais suit activement la situation de la Résidence Sawyerville en Estrie ainsi qu’une autre en Mauricie au moment où l’on se parle », a affirmé M. Léveillé jeudi. « Quand on parle de résidents qui doivent déménager rapidement dans des conditions hivernales, c’est toujours très sensible. On veut trouver une solution qui leur permet de rester dans leur milieu, tout en assurant leur bien-être avec certitude. »

L’option de mettre en poste un nouveau gestionnaire pour la résidence, qui pourrait demander un renouvellement de la certification résidence privée pour aînés pour la Résidence Sawyerville, semble être une avenue que la ministre souhaite préconiser.

« Marguerite est revenue en politique pour sa compassion envers nos aînés et sa grande expérience dans le domaine », a réitéré M. Léveillé. « Elle est revenue pour tenter d’apporter justice et support à ces gens, les piliers de notre société. On surveille la situation de très près et on va explorer toutes les pistes de solution possible », insiste l’attaché de presse. Maxence Dauphinais-Pelletier