Le naloxone fait partie des outils que les intervenants de première ligne devront apprendre à utiliser pour freiner les effets du fentanyl.
Le naloxone fait partie des outils que les intervenants de première ligne devront apprendre à utiliser pour freiner les effets du fentanyl.

Fentanyl : « Il faut former les gens en première ligne »

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Une lutte efficace contre le fléau du fentanyl dans la région passe entre autres par la formation adéquate des intervenants sur le terrain pour l’utilisation de l’antidote nommé naloxone en cas de surdose.

C’est la principale réaction formulée par le directeur général de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, Étienne Bélanger-Caron, à la nouvelle voulant que le fentanyl ait commencé à apparaître dans la région et à faire des victimes.

« Il faut former les gens qui sont en première ligne, déclare-t-il. Des démarches ont été faites en ce sens. »

« Le naloxone est l’un des outils qu’il est possible d’utiliser en cas de surdose au fentanyl. Un outil de plus. Au Québec, plusieurs intervenants ont été formés pour s’en servir. »

La Tribune rapportait jeudi que les autorités se mobilisent pour contrer l’arrivée dans la région du fentanyl puissant analgésique obtenu habituellement sous ordonnance et qui est environ 100 fois plus puissant que la morphine.

Des cas récents d’intoxication ont nécessité une hospitalisation dans la région. On signale en plus le décès d’une personne qui aurait consommé du carfentanyl qui lui est 10 000 fois plus puissant que la morphine.

M. Bélanger-Caron et son équipe de la Coalition avaient été mis au fait des premiers signes de la présence de cette drogue dans la région. « Nous sommes en contact avec des gens susceptibles d’en prendre. Notre organisme fête cette année ses 30 ans. Nous travaillons en prévention et c’est le genre d’information qui vient à nos services », explique-t-il.

« Nous avons aussi participé à des groupes de discussion sur le sujet. »
Il constate avec satisfaction que la direction de la Santé publique en Estrie a déclenché une enquête épidémiologique concernant le fentanyl. La Coalition sera présente à une rencontre prévue en février sur le sujet. « C’est une décision responsable », ajoute-t-il.

« C’est une drogue qui n’a rien de bon. Pourquoi des gens en consomment-ils ? C’est un mystère. Est-ce qu’ils en consomment de façon libre et éclairée ? Je ne pense pas. Allez savoir si ceux qui en vendent savent qu’il y en a dans leur drogue? »  
Le SPS a saisi des timbres de fentanyl

De son côté, le Service de police de Sherbrooke a déjà saisi des timbres de Fentanyl sur son territoire.

« Nous ne pouvons affirmer que ce sont de grandes quantités. Cependant lors de saisies de diverses sortes de stupéfiants, il peut arriver que nous trouvions des timbres de fentanyl à travers le lot qui est saisi », signale le porte-parole du SPS, Martin Carrier.

Le SPS n’a pas non plus relevé de cas d’intoxication à cette puissante drogue sur son territoire.

« Nous savons que Sherbrooke n’est pas à l’abri. Nous voulons être prêts à intervenir s’il y a lieu. Nous allons participer à la rencontre des partenaires régionaux sur la question en février », soutient le porte-parole du SPS. - Avec René-Charles Quirion