L’équipe de Femmes et Féminismes en dialogue : Naoual Laaroussi, Chantal Doré, Michèle Vatz Laaroussi, Javorka Sarenac et Maïté Simard

Femmes et Féminismes en dialogue : le pouvoir d’une image

Une image peut parler beaucoup. Les interprétations que peut en faire chaque personne varient. C’est ce qui a inspiré l’équipe Femmes et Féminismes en dialogue dans la création d’un jeu de cartes solidaires qui déclenchent diverses réflexions et dialogues sur des sujets pas toujours faciles à aborder.

« L’objectif était de déclencher des discussions dans un groupe de femmes pour mener à des actions collectives. Ce jeu de cartes, on l’a développé et on a travaillé sur les obstacles que peuvent rencontrer les femmes de différents milieux et des stratégies qui peuvent être entreprises pour lutter contre ces obstacles-là. On peut parler plus facilement de notre vécu personnel en regardant des images. Souvent, les personnes vont réagir à la photo et vont y penser un moment avant de répondre », explique Maïté Simard, conceptrice et illustratrice.

Le groupe Femmes et Féminismes en dialogue est né d’un projet de recherche international. Ce projet d’action-médiation entre femmes de toutes origines, de différentes générations et religions, s’est déroulé de 2015 à 2017 au Québec, puis en 2017-2018 dans plusieurs régions du monde.

Le jeu de cartes est né des recherches réalisées, de différents témoignages et de plusieurs observations des groupes de travail. D’ailleurs, le projet de recherche a commencé à l’Université de Sherbrooke, avant de prendre de l’expansion dans d’autres pays.

« On a fait le jeu sur la condition des femmes. C’était le contexte général, mais en fait, ce sont des stratégies qui peuvent être appliquées dans différents contextes, pas seulement pour les femmes qui vivent ces obstacles. On peut parler de différentes problématiques à travers le jeu de cartes », précise Mme Simard.

Le lancement officiel du jeu s’est fait à Sherbrooke samedi. Plusieurs femmes, mais aussi quelques hommes, se sont rassemblés au parc André-Viger pour jouer (et discuter) avec les cartes en compagnie de quelques-unes des conceptrices.

« On essaie de faire des ateliers comme ça un peu partout, montrer le jeu de cartes et montrer comment le jeu fonctionne. C’est en l’utilisant qu’on peut comprendre comment ça fonctionne et quelles sont les forces de ce jeu-là. Chaque fois, c’est vraiment très riche de pouvoir entendre ce que les gens voient dans les cartes, dans les illustrations. Comment ça les fait se sentir. Le but n’est pas de rentrer directement dans la théorie d’une thématique », indique aussi l’illustratrice.

Déjà, une soixantaine de jeux de cartes ont été distribués ou vendus à plusieurs personnes ou organismes.

Laura Anson, l’une des participantes, se réjouissait entre autres de la qualité des discussions. « Je trouve que c’est super intéressant parce que ça amène des sujets pas très standards. Il n’y a pas de thématique, c’est improvisé. On voit une image et on parle de ce que l’image nous fait vivre. À partir de là, on développe le sujet. C’est très riche parce qu’on a tous nos bagages, les gens vont apporter leur avis selon leur vécu. J’aime cette partie-là, spontanée. Par exemple, moi, je parlais de moi en tant que femme qui a des enfants et de l’héritage que je vais pouvoir leur donner. Il y avait une dame qui parlait de comment ça fonctionnait l’héritage dans son pays. C’’était très intéressant », partage la dame qui est originaire d’Espagne.

Les conversations du groupe étaient riches et Mme Anson confirme que ce n’est pas tous les jours qu’elle a l’occasion d’aborder ces sujets.