Les médias sociaux se sont enflammés à la suite du passage de Safia Nolin sur scène.

Féminité: un double standard «flagrant»

Même en 2016, la féminité est encore imposée aux femmes : ce qui est survenu avec Safia Nolin à l'ADISQ en est la preuve. L'histoire démontre le double standard « flagrant » entre les hommes et les femmes, commente la professeure Isabelle Boisclair de l'Université de Sherbrooke.
« Le diktat des apparences pèse 10 000 fois plus lourd sur les femmes », estime la professeure Isabelle Boisclair de l'Université de Sherbrooke.
Elle dénonce au passage l'intimidation dont est victime la jeune chanteuse. « Safia Nolin évoque le bullying, et c'est en plein ça! »
« Un gars qui va se présenter en jeans n'importe où dans le monde, il va être correct. Une fille... on attend encore qu'elle joue à la princesse, alors que le gars on ne lui demande pas de jouer au prince charmant tout le temps », s'indigne la professeure.
« Qu'une femme décide de la jouer girlie, il n'y a pas de problème. Mais si ça ne lui tente pas, ça ne lui tente pas, point barre », lance celle qui est reconnue pour son expertise féministe et qui est coauteure de Mines de rien, chroniques insolentes, aux côtés de Lucie Joubert et Lori Saint-Martin.
« Le diktat des apparences pèse 10 000 fois plus lourd sur les femmes. Les femmes sont tenues à des standards très étroits : être coiffées, avec des talons hauts... »
« Je trouve qu'il y a un gros paradoxe. Sur Facebook, ce qu'on voit toujours, ce sont des messages de paix dans le monde, de valorisation de soi; ''Sois toi-même''. Heille! C'est ça qu'elle a fait, rester elle-même! Ravalez vos messages Facebook, je trouve ça hypocrite! »
Elle rappelle que Safia Nolin a remporté le prix de Révélation de l'année à l'ADISQ dimanche et souligne au passage son intégrité.
« Il y a un détournement total, on lui vole son trophée. »
Safia nolin réplique
Les médias sociaux se sont enflammés à la suite du passage de Safia Nolin sur scène. La jeune chanteuse, qui a été victime d'intimidation par le passé, a été la cible de critiques et de méchancetés en raison de son habillement et de son vocabulaire.
Elle a réagi sur le site d'Urbania.
« Cher toi (internautes, Lise Ravary, Sophie Durocher, Denise Bombardier) qui m'intimides (oui, tu m'intimides) depuis deux jours (...) Pourquoi t'insurges-tu de ma tenue? Pourquoi ressens-tu le besoin si puissant de m'envoyer chier, de me traiter de grosse, de me dire que j'ai pas de classe, pas de talent, de me parler de manque de RESPECT (envers l'industrie, envers mes « fans », envers le mot GALA [je savais pas que le mot gala avait des sentiments]), de remettre en question la décision de l'ADISQ, la relève musicale au Québec et l'avenir de la jeunesse? Pourquoi tu me hais autant? Parce que j'ai PAS porté une robe, parce que j'ai mis un t-shirt (magnifique, ok?), parce que j'ai mis des jeans, parce que j'ai dit fuck (trois fois), parce que j'ai fait une joke à ma soeur pis je l'ai traitée de GROSSE CONNE devant tout le Québec (...) »
Pourtant, rappelle-t-elle, personne ne s'offusque du style vestimentaire de Jean Leloup ou de Philippe Brach...
Ce déluge de messages survient alors que vient de sortir en salle 1:54, un film sur l'intimidation chez les jeunes.
« On est en train de donner un mauvais exemple à nos jeunes à qui on dit de ne pas faire de l'intimidation... » commente Mme Boisclair.
Que disent toutes ces réactions sur notre degré de superficialité? « On se laisse impressionner par la forme sans se questionner sur le contenu. »