Pour faire son marché à l’heure de la COVID-19, pas question d’improviser. D’abord et avant tout, il faut jeter un œil à ce qu’on a déjà dans le frigo et les armoires, recommande Catherine Migneault, propriétaire de Tournesols et tabliers.
Pour faire son marché à l’heure de la COVID-19, pas question d’improviser. D’abord et avant tout, il faut jeter un œil à ce qu’on a déjà dans le frigo et les armoires, recommande Catherine Migneault, propriétaire de Tournesols et tabliers.

Faire son marché de façon sensée

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
Les photos des tablettes d’épicerie complètement vides, ces derniers jours, frappaient l’imaginaire. Et imageaient assez bien le sentiment d’urgence que ressentaient plusieurs citoyens face à la pandémie actuelle.

Le premier ministre s’est fait rassurant, il a insisté et répété : on ne manquera pas de nourriture. Si chacun n’achète que ce dont il a besoin, les supermarchés n’auront pas à composer avec des ruptures de stock temporaires. 

Plusieurs épiciers ont quand même senti la nécessité de limiter les quantités dans les paniers pour que la clientèle reste raisonnable. Certains Metro, par exemple, permettaient l’achat de seulement deux articles identiques par client.

Dans tout ça, peut-être faut-il collectivement se ramener au gros bon sens... et planifier un peu mieux nos sorties au supermarché. Avec l’idée, toujours, de limiter nos déplacements à l’extérieur de la maison tout autant que nos achats compulsifs. 

On a jasé de la question avec Catherine Migneault, propriétaire de l’entreprise Tournesols et tabliers, qui offre service de traiteur végétal sur commande et cours de cuisine. 

Celle-ci prévoit lancer d’ici le 30 mars le livre numérique Mon garde-manger végétal, dans lequel elle partage ses meilleurs trucs pour cuisiner avec ce qu’on a sous la main. 

« Le bouquin était en chemin depuis longtemps, c’est vraiment un hasard que son lancement soit prévu à ce moment-ci », explique Mme Migneault. 

Pour faire son marché à l’heure de la COVID-19, pas question d’improviser. D’abord et avant tout, il faut jeter un œil à ce qu’on a déjà dans le frigo et les armoires. 

« Souvent, on a déjà beaucoup plus de trucs à la maison que ce qu’on se figure. L’idéal, c’est de faire l’inventaire rapide de nos réserves, et de compléter avec des choses qu’on aime et des aliments qu’on utilise plus souvent que d’autres pour composer les menus qui nous plaisent. »

C’est ultra simple, au fond. On se fait une bonne vieille liste pour ne rien oublier... et pour ne pas avoir à retourner inutilement chez l’épicier. 

« L’idéal, c’est d’acheter quelques fruits et légumes frais, et d’opter ensuite pour des ingrédients de base, qui peuvent être utilisés dans plusieurs recettes. De la sauce tamari et du sirop d’érable, par exemple, ça peut être employé dans un sauté asiatique autant que dans une vinaigrette. »

INGRÉDIENTS DE BASE

Minimalement, qu’est-ce qu’on devrait avoir chez soi?

« À cette époque de l’année, on peut miser sur les légumes racines, qui sont souvent locaux et qui se conservent longtemps. Des pommes de terre, des carottes, des oignons, de l’ail, ces choses-là. »

Farine, flocons d’avoine, poudre à pâte, bicarbonate de soude, sucre, épices et herbes (celles qu’on préfère) lait (végétal ou pas, frais et en tetrapak), huile, tomates en boîte et pâte de tomate sont quelques essentiels à avoir sous la main pour pouvoir cuisiner un paquet de choses, faire ses sauces et ses bouillons maison. Les pâtes, le riz et les autres céréales qui se conservent longtemps sont de bons dépanneurs pour bricoler rapidement un repas.

« Mon garde-manger est végétal, alors j’ai des légumineuses en sacs et en conserve, mais ceux qui mangent de la viande peuvent en garder au congélateur », remarque l’entrepreneure.

Parlant congélo, une couple de sacs de fruits surgelés peuvent dépanner. Même chose pour les légumes, qui seront formidables en potage ou en cari, par exemple. 

« À cela, j’ajouterais des pommes, les fruits séchés qu’on aime, des noix et des graines variées, de la sauce tamari et de la levure alimentaire pour son apport nutritionnel et le petit kick qu’elle apporte aux plats », précise Mme Migneault.

Une fois de retour à la maison, il faut veiller à bien conserver nos aliments. 

« Pour éviter le gaspillage, je conseille aux gens de cuisiner ce qui patiente depuis longtemps dans le frigo. Ce qui est très frais peut attendre un peu », note Catherine Migneault. 

Celle-ci insiste aussi sur la créativité dont on peut faire preuve pour apprêter les restes. 

« Si je fais un sauté asiatique avec du riz le lundi et qu’il m’en reste, je peux glisser les légumes dans un cari ou une soupe par exemple. Et je peux faire des boules de riz façon sushi en ajoutant un peu de sirop d’érable et de vinaigre de riz. C’est moins lassant que de manger quatre fois la même chose dans la semaine. »

Et s’il nous manque un ingrédient, on n’hésite pas à le remplacer. 

« On est dans une dynamique où on a accès à tout, tout le temps. Souvent, on peut remplacer une chose par une autre dans une recette. Ça ne goûtera peut-être pas exactement la même chose, mais ce sera bon quand même. En cuisine comme dans d’autres sphères de notre vie, être un peu plus limité dans nos options nous amène parfois à être plus créatifs, et ça donne souvent de délicieux résultats. »

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Plusieurs services de prêt-à-manger

Dans le milieu de l’alimentation, restaurateurs et entreprises se réinventent en fonction de la nouvelle situation. 

Tournesols et tabliers, par exemple, continue d’opérer son service de traiteur pendant le confinement actuel, en adaptant la formule. Les contenants, habituellement réutilisables, sont remplacés par des contenants compostables. Et un service de livraison est dorénavant offert. Pour le reste, la formule reste essentiellement la même : elle propose un menu chaque semaine et cuisine selon les commandes des clients. Les repas sont prêts et livrés mardi et mercredi soir. Infos : page Facebook de l’entreprise et site web : tournesolsettabliers.com.

Traiteur pour de nombreuses écoles de Sherbrooke, La Pomme Verte modifie temporairement ses activités et offrira un service de repas livrés à domicile dès lundi. Un menu détaillé est disponible sur la page Facebook de l’entreprise. Les commandes peuvent être faites dès maintenant. 

D’autres services de prêt-à-manger sont mis en place par plusieurs restaurateurs de la région. Destination Sherbrooke en fait la liste sur son site, mais voici quelques-unes des nombreuses options offertes. 

L’Empreinte-Cuisine soignée, Ça beigne!, Da Toni Pronto, Pizzicato, La table du chef, Solena-cosmétiques naturels mettent leurs efforts et leur talent en commun et proposent une boîte de repas pour six personnes (et deux savons, parce qu’on continue de se laver les mains!) à 180 $. 

Chacun des restaurants a aussi un menu pour emporter. 

O Chevreuil - Taverne américaine propose un menu pour emporter (disponible du mardi au vendredi, entre 16 h et 18 h) et offre un service de livraison du mardi au samedi. Des capsules web seront mises en ligne par le chef Charles-Emmanuel Pariseau pour inspirer les gens confinés à la maison à cuisiner. 

Le Restaurant Baumann annonce ses repas sur le pouce en vente à la Boucherie du terroir de Saint-Élie et prépare aussi des boîtes de repas livrées à la maison, dans un délai de 24 à 48 h. Paiement par carte de crédit seulement.

Westley Artisans restaurateurs confectionne des paniers de prêt-à-manger pour emporter.