Les manifestants ont scandé leurs slogans au coin des rues King Ouest et Marchant, près du bureau de la députée fédérale Élisabeth Brière.

Extinction Rebellion s’invite au bureau d’Élisabeth Brière

Une dizaine de membres d’Extinction Rebellion Sherbrooke ont manifesté au coin des rues King Ouest et Marchant, mercredi midi, contre le projet de mine de sables bitumineux Teck Frontier, en Alberta.

Vêtus de combinaisons de travail blanches et portant des masques de protection, quatre d’entre eux sont rentrés dans les bureaux d’Élisabeth Brière pour porter silencieusement leur message — et des sacs de sable —, même si la députée libérale était à Ottawa mercredi.

« On est un peu déçus, on pensait la voir, a admis la porte-parole d’XR Sherbrooke, Charlotte Crevier. On espère que le message va se rendre jusqu’à elle. »

Semblables actions se déroulaient un peu partout au pays, dont à Montréal, Québec, en Ontario et à Vancouver, énumère-t-elle.

« Notre but aujourd’hui, c’est juste d’apporter notre support aux gens, d’apporter notre support aux peuples autochtones, parce que c’est beaucoup ces peuples-là qui vont être touchés par ce projet minier qui va se passer directement sur leurs territoires. »

Dans l’ouest du pays, les peuples autochtones militent depuis des semaines contre le projet, ajoute Mme Crevier, entre autres en campant à proximité du site visé.

Il s’agissait mercredi d’une sixième action visible à Sherbrooke du mouvement social qui donne dans la désobéissance civile. Il avait fait ses premiers pas au coin King-Jacques-Cartier en octobre dernier.

« Le mouvement va super bien. On n’est pas super nombreux aujourd’hui parce qu’on voulait rentrer à l’intérieur et ce sont des gens qui étaient volontaires pour occuper les lieux », explique

Charlotte Crevier évalue à une cinquantaine le nombre de sympathisants qui se sont affiliés à Extinction Rebellion Sherbrooke depuis sa création.

La porte-parole assure que l’engouement est toujours là et que la désobéissance civile reste un moyen intéressant de se faire entendre.

« On utilise beaucoup de tactiques différentes. Ce qu’on veut, c’est déranger, se faire voir, qu’on parle de nous pour faire passer notre message. Comme je le répète tout le temps, on a signé des pétitions, on fait des marches, on fait plein de manifestations pacifiques et le message n’est pas entendu. Les actions ne sont pas prises. On n’a pas de promesses ni d’engagements clairs qui sont respectés. [Le premier ministre Justin] Trudeau a fait une promesse de réduire ses émissions de gaz à effets de serre et avec un projet comme Teck Frontier, c’est exactement faire le contraire. Un moment donné, c’est pour ça qu’on fait de la désobéissance civile. Il faut avoir un impact plus grand. »

En entrevue de fin d’année avec La Presse canadienne, Justin Trudeau avait déclaré qu’il n’excluait pas de donner le feu vert au projet Teck Frontier, qui devrait produire 260 000 barils de pétrole par jour.

Un comité d’examen fédéral-provincial a approuvé sous conditions le projet de 20,6 milliards de dollars en invoquant l’« intérêt national ». Cette exploitation devrait générer 12 G$ de recettes fiscales pour Ottawa et 55 G$ de recettes fiscales et de redevances pour l’Alberta au cours de sa durée de vie de 41 ans.