Le coordinateur et formateur de XR Québec, François Léger Boyer, s’est présenté à la rencontre de formation de la cellule sherbrookoise, samedi. Une trentaine de sympathisants se sont présentés afin de bien se préparer aux prochaines actions à venir dans la ville.

Extinction Rebellion Sherbrooke se prépare

L’engouement serait palpable à Sherbrooke pour le mouvement social écologique Extinction Rebellion (XR), bien connu pour ses actions de désobéissance civile. Samedi, la cellule sherbrookoise tenait sa deuxième rencontre officielle. Près d’une trentaine de personnes, dont plusieurs nouveaux visages, se sont présentées afin de se préparer pour des actions promises bientôt.

« Les gens ne doivent pas avoir peur, au contraire. On travaille pour tout le monde. XR n’est pas un groupe à part. Nous, on travaille dans le bien commun de la survie du vivant », explique Charlotte Crevier, porte-parole pour XR Sherbrooke, qui a accueilli La Tribune dans un local de l’Université de Sherbrooke en cette journée de formation.

Le 12 octobre dernier, le groupe a fait ses premiers pas dans la ville, alors qu’une quarantaine de personnes ont traversé à plusieurs reprises l’intersection des rues King Ouest et Jacques-Cartier avec des pancartes visant à sensibiliser les automobilistes.

« Ça a envoyé un super beau message à la ville, on a eu une belle réception des citoyens. On a voulu montrer qu’on était arrivés en ville et je pense que les gens ont compris le message », croit la porte-parole.

Le 19 novembre prochain marquera un an depuis que la Ville de Sherbrooke a déclaré l’urgence climatique, fait-elle remarquer.

« Il n’y a pas grand-chose qui a été fait depuis, pour ne pas dire zéro. Au contraire, il y a eu plein d’actions contre l’environnement dans la ville.

Le projet de la Well Sud par exemple, avec la démolition de bâtiments patrimoniaux. Le fait qu’on est en région fait qu’on a des enjeux différents de ceux de Montréal. »

Que demande-t-on donc aux élus municipaux dans les prochaines semaines, les prochains mois?

« En fait, dans les prochaines minutes, on leur demande de prendre action, de s’engager concrètement, de nous dire la vérité, d’arrêter de nous mentir et de dire que ce n’est pas grave, qu’il n’y a rien qui se passe. On vient de vivre une panne d’électricité historique qu’on n’avait pas vécue depuis le verglas, avec des inondations pas possibles. Ce n’est que le commencement. C’est ça qui s’en vient », exprime Mme Crevier.

L’ABC de la désobéissance civile

XR a fait son entrée dans la sphère médiatique québécoise le 8 octobre dernier, alors que trois des membres de la division montréalaise ont escaladé la structure du pont Jacques-Cartier, à Montréal. Le coordinateur et formateur de XR Québec, François Léger Boyer, qui a notamment défendu l’initiative du mouvement sur le plateau de Tout le monde en parle, était présent samedi pour faire connaître aux nouveaux sympathisants les valeurs, stratégies et revendications du groupe.

« La désobéissance civile, c’est une tactique. Ce n’est pas le but. C’est la manière d’atteindre un but », maintient-il en entrevue avec La Tribune.

Mais où se dresse la ligne entre l’acceptable et l’inacceptable?

« Il faut être stratégique, explique-t-il en insistant sur le civisme. On ne peut pas juste désobéir n’importe comment. Par exemple, dans l’histoire, dans la lutte pour le droit des noirs aux États-Unis, ils devaient s’asseoir à l’arrière de l’autobus, et ils ont décidé de s’asseoir en avant. »

Des principes de base guident donc les actions de désobéissance, qui doivent être : « volontaires, publiques, assumées, non-violentes et d’une supériorité morale et politique ».

Rester malgré une arrestation

Isabelle, une Sherbrookoise qui préfère taire son nom de famille, a été arrêtée pour entrave au travail des policiers le 13 juillet dernier, alors qu’elle participait à une action de XR à Montréal. « C’était une expérience extrêmement troublante. J’étais triste d’avoir eu à me rendre là pour dire au gouvernement que c’est sa responsabilité de nous protéger. Pour l’instant, mon dossier est suspendu, mais j’ai toujours l’épée de Damoclès au-dessus de la tête », explique la quarantenaire, qui sent toujours l’urgence de s’impliquer dans XR.

« Je ne serais pas prête à me faire arrêter à nouveau demain matin, mais je ne dis pas que je ne le referais jamais. »

Comme la désobéissance civile n’est aucunement imposée aux membres de XR, Isabelle peut continuer de remplir son « devoir de mère et de citoyenne de la terre » en faisant connaître le message du groupe autrement.

« J’ai l’obligation morale d’être là. Le consensus est là, maintenant il faut agir », explique-t-elle en dressant un parallèle entre sa naissance au début des années 70 et la période où les scientifiques ont commencé à interpeller les gouvernements au sujet de la crise climatique.