Le citoyen Pascal Cyr ne peut plus se présenter dans les édifices municipaux jusqu’au 31 décembre 2019.

Expulsé de l'hôtel de ville : Pascal Cyr crie à l’abus de procédures

Le citoyen Pascal Cyr a entrepris de contester son expulsion de l’hôtel de ville auprès du commissaire à l’intégrité municipale et aux enquêtes. Il qualifie la décision du directeur général Daniel Picard de lui interdire l’accès aux bâtiments municipaux jusqu’au 31 décembre d’abus de procédure.

Rappelons que M. Cyr a reçu une lettre livrée par huissier, le 27 juin, pour l’informer des sanctions qui pèsent contre lui. À la séance du conseil municipal du 17 juin, il avait crié qu’il avait honte des élus après un commentaire de la conseillère Danielle Berthold, qui exprimait justement sa propre honte de siéger dans un conseil où l’ordre était difficilement maintenu. M. Cyr avait été invité à quitter par le maire Steve Lussier.

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Dans la lettre, il était reproché au citoyen de ne pas avoir « adopté un comportement civilisé et [d’avoir] utilisé un langage irrespectueux envers les représentants de la Ville ».

Le citoyen soutient que l’administration municipale n’est pas en mesure de préciser la nature des propos qu’il aurait tenus pour justifier son expulsion. Il soutient ne pas avoir reçu d’avertissement du maire ou de la présidente concernant ses comportements passés.

Pascal Cyr rapporte par exemple qu’il n’y a « pas eu de gradation dans la façon de traiter le problème, contrairement à ce qui est libellé. Il n’y a jamais eu d’avertissement. Je n’ai jamais insulté la présidente du conseil non plus. Je m’adresse à elle avec le décorum nécessaire. Quand le ton monte, c’est parce qu’elle essaie de me couper la parole. J’aurais voulu savoir ce qu’on me reproche directement. C’est facile d’arriver avec des généralités. »

Il mentionne que ses interventions à la période de questions des citoyens sont toujours gardées pour la fin. « Ça ne me dérangeait pas jusqu’à ce que la présidente limite la période de questions à une heure et qu’elle décide que je devais passer en dernier. »

Le 17 juin, M. Cyr n’avait pas été en mesure de poser des questions aux élus parce que la période de questions s’était trop étirée. 

« J’ai parlé avec une dame au bureau du commissaire à l’intégrité municipale et aux enquêtes pendant 30 minutes. On m’a confirmé avoir reçu ma plainte. »

« Il faut rester poli »

Interrogé à savoir pourquoi la Ville n’avait pas choisi d’appliquer son règlement sur les blasphèmes ou insultes envers les élus ou les fonctionnaires, qui prévoit une amende de 150 $ à 1000 $, plutôt que d’opter pour l’expulsion pure et simple, le maire s’est montré discret. « On ne m’a pas tenu tellement au courant sauf le fait qu’on avait expulsé M. Cyr. J’étais d’accord avec la situation pour une simple et unique raison : il faut rester poli avec les membres du conseil. Il faut être à l’écoute. On l’est envers eux quand ils viennent nous poser des questions. L’inverse est aussi vrai. Étant donné que c’est un dossier aux affaires juridiques, je n’en dirai pas plus. »

M. Cyr sera-t-il informé de la nature exacte des propos qu’on lui reproche ? « On lui donnera les explications sans problème. Il n’a qu’à contacter les affaires juridiques et nous lui donnerons les bonnes raisons. »

Pascal Cyr rétorque qu’il n’a pas à courir après les explications. « Si on ne m’a pas donné de contravention, c’est parce qu’ils ont peur que je conteste. Et si j’en reçois une, je la contesterai avec tous les moyens à ma disposition. »