Mathilde St-Jean-Perron a remporté le grand prix de la finale régionale de l'Estrie à l'Expo-sciences Hydro-Québec grâce à son projet « Cric Crac Croc, on se déhanche! », qui vulgarise la maladie de Legg-Calvé-Perthes, dont elle souffre.

Expo-sciences : l'art de vulgariser son état

Qui de mieux placé pour décrire une situation qu'une personne confrontée à ce problème au quotidien? C'est ce qui a permis à Mathilde St-Jean-Perron de remporter le grand prix de la finale régionale de l'Estrie à l'Expo-sciences Hydro-Québec grâce à son projet « Cric Crac Croc, on se déhanche! », qui vulgarise la maladie de Legg-Calvé-Perthes dont elle souffre.
« Je ne m'y attendais vraiment pas! assure la jeune fille de 13 ans. Je pensais que ça allait être Oli (Olivier Blais) étant donné qu'il avait gagné l'an dernier et tout ça. Ce qui m'a vraiment étonnée, ç'a été de gagner le prix et la médaille. Ça m'a vraiment surprise. Je suis un peu sous le coup des émotions. »
Son ami était loin de lui en vouloir, bien au contraire.
« Je suis très fier pour Mathilde, il n'y a pas d'autres mots. Je suis vraiment content pour elle et elle le mérite. En plus, elle est aussi du Triolet! » mentionne Olivier, qui représentera néanmoins une nouvelle fois l'Estrie lors de la finale provinciale.
La Legg-Calvé-Perthes provoque une destruction de la tête du fémur, cause des microfractures et détruit lentement les os de la hanche. Un garçon sur 750 et une fille sur 3700 en souffrent. Sur ce nombre, seulement 15 % des cas seront affectés aux deux hanches comme l'est l'élève du Triolet. Tout son primaire, la jeune fille maintenant a dû être transportée dans les bras de ses professeurs pour gravir les escaliers et elle était interdite de toute activité physique.
« C'est une nécrose, une mort par manque d'oxygène, qui fait une fragmentation. Mais la maladie peut se traiter, donc ça revient normalement », signale toutefois la lauréate, qui a aussi mis la main sur la médaille d'or dans la catégorie junior et le prix de 250 $ de Alexys Reymbault, vulgarisateur scientifique et innovateur à l'école.
« C'était un petit peu honteux au début, mais le traitement, c'est vraiment le repos. On fait de la physiothérapie, on porte des attelles et on est suivi jusqu'à ce que notre croissance soit terminée, parce que ça a un lien direct. Maintenant, je suis en santé globale, j'ai fait de la natation et j'ai participé aux Jeux du Québec en ski de fond. »
Elle se dit confiante en son exposition à l'aube de la finale provinciale, qui aura lieu en avril.
« Au début je n'y pensais pas. Je ne voulais juste pas finir dernière, mais là je pense que j'aurais peut-être une chance d'avoir un podium. »
« Je pense que je parle bien et que j'explique vraiment bien ma maladie, mentionne-t-elle lorsqu'on lui demande ce qui a permis à son projet de se démarquer. Le fait que j'en suis touchée, je peux décrire ce que j'ai eu comme symptômes et les traitements que j'ai eus. »
11 autres vulgarisateurs remarqués
En plus de Mathilde St-Jean-Perron, 11 autres exposants défendront les couleurs de l'Estrie à la finale québécoise qui se tiendra du 20 au 23 avril, à l'École secondaire Mgr-A.-M.-Parent, à Saint-Hubert, en Montérégie. Il s'agit d'Olivier Blais (Le dernier acte avec Portia), d'Amal Hagouch (Un petit choc pour le cerveau?), de Safiy Yahia (Magnetoccus, livreur express), de Julien-Pierre Houle (Univers : difficile à accorder), d'Emmanuelle Beaulieu et Kamila Jelinek (La couleur... une illusion?), d'Aryanne Bélanger et Maya MacCorquodale (Mauvaise herbe à fibre noble), d'Ulysse Mckay (Des grillons pour déjeuner!) et d'Elliot Christin et Jasmin Ricard (Quel est l'effet des pubs?).