Le trappeur professionnel Simon Jacques participe au rassemblement et enseigne des techniques de dépiautage aux visiteurs.

Événement 100% trappeurs

SHERBROOKE — Trapper est un loisir pour quelques 5000 adeptes au Québec. Simon Jacques, trappeur professionnel, est parmi eux. Depuis ses 20 ans, il analyse la population de territoires et piège certains animaux sauvages. C’est le plaisir d’être en forêt et le sentiment de liberté qui l’ont attiré.

« Un trappeur, ça gère son territoire de trappe comme il faut, on veut faire un contrôle de la population, on veut en enlever, mais pas trop. L’idée n’est pas d’enlever jusqu’au dernier coyote, loin de là... Quand on sait qu’il y a une famille établie, on va en prendre deux ou trois et on vérifie si ce sont des mâles ou des femelles. Quand on a pris deux femelles à une place par exemple, on enlève les pièges, pour ne pas en prendre d’autres », souligne-t-il.

Les trappeurs ne peuvent pas chasser comme bon leur semble. Ils sont soumis à des réglementations strictes et ont besoin d’autorisation pour chaque secteur. M. Jacques était parmi les invités de l’annuelle journée familiale de l’Association des trappeurs indépendants du Conseil de l’Estrie (APTI Estrie) qui avait lieu dimanche, au bâtiment des Vétérans de l’armée, de la marine et de l’aviation du Canada — Unité des anciens combattants 318. Une activité organisée entre autres pour informer la population sur les différentes techniques de trappe. Chaque année, bien que M. Jacques soit résident de la Beauce, il visite Sherbrooke pour y participer, ça lui permet d’échanger avec des gens du milieu et de partager ses techniques.

« Il y a deux adolescents qui sont venus me voir tantôt, ils n’avaient jamais touché à ça. On leur montre ce qu’on fait, parfois ça leur donne une passion », partage-t-il.

M. Jacques offre ses services de trappeur à la population. Il capture des animaux nuisibles qui peuvent se retrouver sur un territoire privé. « Souvent ce sont des problèmes de moufettes trop près des maisons », souligne-t-il.

Et avant d’en arriver à la capture de l’animal, M. Jacques essaie son « truc spécial ».

« Des cheveux de personnes... vous en mettez une poignée à tous les trois pieds du terrain. On fait ça pendant trois semaines environ et ça éloigne », assure-t-il.

Sa passion pour le trappage l’a même amené à créer avec sa conjointe une entreprise de fabrication de fûts et d’autres outils pour le dépiautage d’animaux. Dans la région de l’Estrie, il est possible de se procurer les produits de Fûts PSJ chez Québec Trap, à Saint-Denis-de-Brompton. M. Jacques utilise le bois franc pour ses outils, ce qui leur donne une excellente qualité.

Un événement attendu

Près d’une centaine de personnes ont participé à la journée d’activité pour les trappeurs de l’APTI Estrie, événement organisé par la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec (FTGQ). On y informe tous les trappeurs, amateurs ou professionnels de l’Estrie. C’est l’occasion pour eux d’assister à des démonstrations de dépiautage ou de dégraissage d’animaux par exemple. Aussi, les visiteurs peuvent se procurer plusieurs outils de piégeage sur place toute la journée. Des représentants des maisons d’encan de l’Estrie étaient aussi présents pour recueillir les fourrures écorchées, ces maisons sont les seules à pouvoir commercialiser la fourrure.

Le moniteur Pascal Dubuc, membre de l’APTI depuis plusieurs années, faisait également une conférence sur l’utilisation des collets.

« Le nombre de personnes présentes va avec la valeur de la fourrure; plus que la fourrure est basse, moins on a de personnes présentes. Cette année, c’est une année où la fourrure n’est pas tellement en demande, il y a juste le coyote, pour la garniture des capuchons par exemple. Le coyote est très commercialisable. On dépiaute un animal dans le but de commercialiser sa fourrure. C’est pour ça aussi que je donne la formation sur les collets, c’est une méthode pour attraper le coyote. On essaie de mettre l’emphase sur le coyote en fait », explique-t-il.

M. Dubuc soulève aussi qu’il remarque chaque année la présence de tous types de gens lors de ses conférences. « C’est un peu tout le monde. On retrouve aussi beaucoup de gens qui viennent des grandes villes, de Montréal. Ces gens-là descendent en Estrie les fins de semaine pour venir faire du trappage. Le loisir de trapper est même aussi fort chez les hommes que chez les femmes. Et il y a beaucoup de jeunesse aussi depuis quelques années, on a des écoles qui donnent des formations sur le trappage. Ça incite des jeunes à aller à l’école plus longtemps, ils associent un loisir, qui est le trappage, avec les études. »