Évelyne Beaudin

Évelyne Beaudin craint une chasse aux sorcières

La conseillère Évelyne Beaudin ne compte pas retirer son questionnaire à l’intention des employés municipaux. Elle les invite toutefois à la prudence au moment de soumettre leurs suggestions, puisqu’elle craint une chasse aux sorcières pour punir ceux qui participeraient à son exercice.

En point de presse à l’hôtel de ville jeudi après-midi, la chef intérimaire de Sherbrooke Citoyen s’est expliquée. Le directeur général Daniel Picard a d’ailleurs assisté aux déclarations de la conseillère.

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« J’ai du mal à saisir la réaction du maire et du directeur général, puisque cette démarche se veut positive et constructive. Je trouve leur réaction disproportionnée. Nous offrons seulement un espace où les employés peuvent s’exprimer librement et anonymement. Certains ont pu penser qu’on s’immisçait à la place des hauts fonctionnaires. L’idée c’est simplement d’avoir l’input de tout le monde », a lancé Mme Beaudin.

Elle prétend que la lecture que fait M. Picard de la Loi sur les cités et villes est erronée et que rien ne peut entraver la liberté d’expression d’une élue.

« Les principes de base, c’est la liberté d’expression. L’interprétation de la loyauté, c’est de travailler pour le bien de son employeur et le bien de la population dans le cas des fonctionnaires. »

Elle ajoute que son questionnaire n’incite pas les employés à manquer de loyauté à leur employeur, mais bien à faire des suggestions pour améliorer les façons de faire. « Les questions sont tout à fait inoffensives. Nous n’avons jamais prétendu qu’il s’agissait d’un questionnaire scientifique ou que nous visions un échantillon représentatif. Nous cherchons simplement des suggestions. »

Selon Évelyne Beaudin, la sortie du directeur général était commandée par le maire Steve Lussier. « Mon interprétation de la chose, c’est que le maire veut avoir le contrôle sur ce qui se passe. Il ne peut pas avoir le contrôle sur moi et ça lui déplaît. Je pense qu’il se cache derrière le directeur général. Quand il dit des choses comme « je suis rassembleur, mais il faut que les gens suivent «, pour moi c’est quelqu’un qui essaie de tout contrôler. Ce que j’ai vu ce matin, c’est un exercice de partisanerie. La population doit se demander qui travaille vraiment pour elle. »

N’aurait-il pas été plus simple de transmettre son idée à la direction avant de lancer le questionnaire? La représentante de Sherbrooke Citoyen indique qu’elle avait avisé le comité exécutif et que, par ailleurs, la plupart de ses initiatives avaient été rejetées dans le passé. « Un élu n’a pas besoin de permission pour initier quelque chose comme ça. Les gens à qui j’ai à rendre des comptes, ce n’est pas le maire, ce n’est pas le conseil municipal, mais bien la population. C’est la population qui m’a élue. »

Elle se dit prête à faire face aux plaintes ou sanctions qu’on voudrait lui impose, même si ce n’est pas ce qu’elle souhaite. Craignant une chasse aux sorcières, elle rapporte qu’un courriel a été envoyé par la direction à tous les fonctionnaires jeudi pour les prévenir qu’ils ne devaient pas répondre au questionnaire.

« Je ne suis pas à une menace de poursuite près. On devient un peu immunisé aux menaces. Quand on veut aller vers des démarches judiciaires, c’est parce qu’on a perdu le contrôle sur l’espace politique. Si on a à se défendre sur le plan juridique, on va le faire. Je ne crois pas que ce serait à l’avantage de la population que je me fasse poursuivre et que ce soit eux qui payent pour ça alors que c’est purement partisan de la part du maire. »

Évelyne Beaudin affirme que selon elle, ce sont les fonctionnaires qui mènent la Ville. « Ça me rassure que ce soient les gestionnaires qui gèrent la Ville parce que je n’adhère pas aux positions du maire depuis un an. »

À l’issue de la mêlée de presse, Évelyne Beaudin et Daniel Picard ont amorcé un dialogue qui s’est poursuivi derrière des portes closes.

Évelyne Beaudin et Daniel Picard ont amorcé un dialogue après le point de presse de la conseillère.