Les gens ont modifié leurs maisons et sont toujours bien préparés pour minimiser l’impact de la montée de l’eau », dit le maire de Weedon, Richard Tanguay

Zones inondables : « Weedon n’est pas Sainte-Marthe-sur-le-Lac »

À la suite de la tenue de consultations publiques sur la construction en zone inondable partout en province, la municipalité de Weedon s’inquiète que de nouveaux décrets pourraient empêcher des propriétaires de terrains riverains de se construire ou d’agrandir leurs propriétés.

Bien que des riverains en bordure du lac Louise et de la rivière au Saumon aient été affectés par les crues printanières des trois dernières années, aucune réclamation n’a été faite auprès du gouvernement pour des dédommagements. C’est ce qui explique pourquoi le maire Richard Tanguay voit d’un mauvais œil les décrets restrictifs de construction qui pourraient être imposés à sa municipalité.

« Les règlements de notre municipalité en ce qui a trait à la construction en zone inondable sont déjà pleins de sens et concordent avec le plan du gouvernement. La construction en zone marécageuse est interdite, on permet seulement aux riverains dont le terrain est une plaine irrégulière de se construire, et ce, le plus près possible du chemin pour éviter que l’eau monte jusqu’à leur demeure, explique-t-il. On n’est pas à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, l’eau monte sur les terrains une à deux fois par année et s’écoule rapidement après. »

Qui plus est, la municipalité n’a qu’une poignée de terrains à vendre qui se trouve en bordure de ses cours d’eau. « On ne parle pas de construire un nouveau développement en zone inondable ou d’ouvrir de nouvelles rues. Il ne nous reste que quelques terrains par-ci par-là, dont certains sont déjà vendus. »

Des bâtons dans les roues

À la lumière des consultations publiques menées à la grandeur de la province quant à la construction en zone inondable, le gouvernement considère fortement adopter des décrets empêchant les propriétaires riverains situés dans des zones inondables 0-100 ans d’agrandir ou de rénover leur maison. 

« C’est sur ce point qu’on trouve la situation problématique, confie le maire Tanguay. Avant, les riverains pouvaient agrandir et rénover leur maison, faire des ajouts sur leur terrain. Cette pratique pourrait être interdite, ce qui mettrait des bâtons dans les roues de nos citoyens et les empêcherait de bien vivre. »

« Déjà que les citoyens de Weedon ne réclament rien au gouvernement lorsqu’il y a des inondations, ils ne seront pas importunés s’il y a un peu d’eau qui se rend dans une remise qu’ils ont fait construire sur le terrain, poursuit-il. Les gens ont modifié leurs maisons et sont toujours bien préparés pour minimiser l’impact de la montée de l’eau. On trouverait cela très dommage et difficile à expliquer qu’ils ne puissent plus faire des extensions en porte-à-faux et construire des remises. »