Sylvain Côté

Voie de contournement : un citoyen interpelle le ministre Garneau

Un citoyen qui se dit lésé par le trajet retenu pour la voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic interpelle pour une énième fois le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, qu’il considère peu intéressé à prêter une oreille attentive aux doléances de la population.

« Le ministre Garneau ne répond pas rapidement à nos demandes d’informations et il reste très vague quand il le fait. Il semble très peu réceptif à ce que nous avons à lui dire », observe Sylvain Côté.

Pour étayer ses prétentions, M. Côté a fourni, sur papier, un échange de courriels avec le ministre lui-même. Il avait envoyé un énième courriel, le 20 septembre dernier, et n’a reçu une réponse que le 22 novembre suivant. Le ministre évoque des enjeux importants de sécurité et des coûts supplémentaires pour le déplacement du trajet de la voie de contournement plus au nord, soit de l’autre côté de la voie de contournement routière, la route 161, ce que demande la majorité des propriétaires impliqués par le trajet actuel retenu par le gouvernement.

« J’aimerais avoir les rapports qui confirment ceci (les enjeux de sécurité et les coûts supplémentaires) », réclame M. Côté dans un courriel daté du 4 décembre dernier. « De plus, Hydro-Québec avait l’intention de passer à côté de la voie de contournement, dans le secteur de Nantes. À la suite des études, ils ont décidé de passer plus au nord de la route 161 pour des raisons de s’éloigner des milieux habités, l’acceptabilité sociale, la protection des milieux humides et le choix des limites des terrains pour ne pas les séparer en deux. Pourquoi ceci n’est-il pas important pour la voie de contournement (ferroviaire)? » ajoute-t-il.

De plus, la Municipalité de Nantes a émis une résolution officielle indiquant qu’elle refuse le trajet choisi par le gouvernement du Canada et qu’elle demande, elle aussi, le déplacement du trajet plus au nord.

« Quand M. Garneau est venu à Lac-Mégantic, le 6 juillet, lors de la dernière commémoration de la tragédie, il nous a avertis : « On n’en parle plus, on avance, ça presse, il faut que cela se fasse avant les élections, parce qu’il s’agit d’une promesse électorale… » Il y a un manque d’ouverture de sa part. Il disait pourtant être ouvert aux ajustements. Cette résolution de Nantes a fait des vagues. Le député fédéral de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, a reconnu qu’il s’agit du premier et seul document qui prouve le refus du trajet retenu par qui que ce soit! »

« Je veux bâtir ma maison, c’est légitime, car mon terrain est zoné blanc, mais tout est retardé par ce passage du train trop près. Même chose pour ma cabane à sucre à venir, car j’ai une érablière sur ce terrain. C’est sur la glace. Il y a des gens, actuellement, qui tombent malades à cause de la situation. Pour ce qui est de la compensation qu’on promet, c’est l’incertitude à l’heure actuelle. Si elle est de l’ordre de 3 millions $, je leur donne mon terrain tout de suite. Si c’est 100 000 $, ce qui est risqué, c’est rire de moi! » prévient M. Côté.