Les dirigeants de Valoris ont dévoilé leur projet d’agrandissement du lieu d’enfouissement technique situé à Bury, le lieu d’enfouissement technique actuel arrivant à pleine capacité d’ici quelques années.

Valoris: le lieu d’enfouissement pourrait doubler

BURY – Portant son chapeau de président du conseil d’administration de Valoris, le maire de Sherbrooke Steve Lussier a annoncé le lancement de la démarche sociale et administrative dans le cadre du projet d’agrandissement de son lieu d’enfouissement technique, visant à assurer la pérennité du centre de valorisation des matières résiduelles.

Après avoir traversé des temps difficiles, caractérisés par le départ du directeur général Jean-François Sornin ainsi que de nombreux défis opérationnels et administratifs,       le parc éco-industriel Valoris semble destiné à un avenir prometteur suite à cette annonce. Le lieu d’enfouissement technique (LET) actuel de 13 hectares affichant complet d’ici quelques années au plus, la décision de construire un nouveau LET d’une superficie de 33 hectares s’est imposée.

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«Je crois fermement que nos déchets sont notre responsabilité et c’est pourquoi je considère que l’agrandissement du site actuel, qui permettrait de recevoir 4,5 millions de tonnes et d’allonger sa durée de vie d’une cinquantaine d’années, est souhaitable», a déclaré d’emblée Steve Lussier. «Il y a de grands enjeux qui sont reliés à un tel projet et nous allons tenir des consultations publiques pour nous assurer d’amorcer un partenariat solide entre Valoris et la communauté.»

La zone de 33 hectares où les dirigeants envisagent construire le nouveau LET appartient déjà à Valoris, elle qui est située dans une zone boisée en périphérie du parc éco-industriel. Le ministre de l’Environnement Benoit Charette sera d’ailleurs en ville le 19 février pour examiner la demande d’agrandissement et parler des compensations monétaires allouées au projet d’envergure, qui pourrait se chiffrer dans les 60M$.

«Je tiens à remercier chaleureusement le gouvernement du Québec d’agir rapidement en permettant à Valoris de recevoir des compensations pour les matières qui seront détournées de l’enfouissement. Une rencontre est d’ailleurs prévue pour le 19 février avec le ministre Charette pour discuter de nos enjeux régionaux et de ce projet», a annoncé le premier magistrat, reconnaissant.

Emplacement idéal

 Sans faire face à une situation de crise, les dirigeants de Valoris souhaitent entamer le processus d’agrandissement le plus tôt possible, les démarches à entreprendre pour réaliser le projet nécessitant environ deux ans. Dans la foulée de la saga du site d’enfouissement de Coventry, le maire Lussier se fait rassurant auprès des communautés limitrophes, assurant que le LET ne déverse pas de contaminants dans l’environnement.

«Il n’y a pas de dangers du tout, mais il faut comprendre qu’éventuellement, on aura probablement besoin d’une usine d’épuration des eaux directement sur place», a avoué M. Lussier. «C’est dans nos plans et nous n’attendrons pas de vivre une situation comme à Coventry. Ce sera bien entendu un sujet de conversation que je vais avoir avec le ministre Charette lors de sa visite.»

«C’est l’emplacement idéal pour construire un nouveau LET», a quant à lui répondu Denis Gélinas, responsable de la gestion des matières résiduelles à la ville de Sherbrooke, lorsque questionné sur la possibilité de construire le LET à un autre endroit. «Même si un LET ne pollue pas les nappes de surfaces ni les profondes, on a un site loin de la population et loin des cours d’eau à Bury. Les chemins pour les camions sont déjà aménagés. Des études d’impacts sur l’environnement vont être réalisées pour déterminer tous les désagréments possibles, s’il y en a.»

Le parc éco-industriel Valoris dessert présentement 190 000 citoyens et la grande majorité des entreprises estriennes, tout en réussissant à valoriser 60% des déchets qui y sont amenés. Afin de s’assurer que l’agrandissement du LET se fasse dans le respect, les dirigeants privilégient le discours avec la population, de sorte que toutes leurs questions soient répondues et que leurs inquiétudes soient entendues. Une vidéo de six minutes a aussi été réalisée, expliquant le fonctionnement d’un LET et démontrant les installations de Valoris.

«On va évaluer les impacts sur la faune et la flore, les eaux, les odeurs et la circulation. Des firmes spécialistes vont faire ces études d’impacts et on va ensuite pouvoir implémenter des mesures d’atténuation», assure le directeur de projets Jean-Jacques Caron. «On reçoit très peu de plaintes en lien avec Valoris, ça s’élève à une ou deux seulement par année. Toutes les précautions sont prises pour impacter l’environnement et la population le moins que possible.»

Dans la foulée du départ de Jean-François Sornin, M. Gélinas va prendre le relais à titre de directeur général par intérim en attendant qu’un candidat soit sélectionné à cette position. «Étant donné que je suis avec Valoris depuis les débuts, je connais assez bien les enjeux et les dossiers pour mener le projet à bien lors de la transition», a-t-il commenté.