L’augmentation des tarifs de Valoris, pour en arriver à un équilibre budgétaire, fait passer le coût de traitement des déchets de 133 à 237 $/tonne.

Valoris coûte 3,5 M$ de plus aux Sherbrookois

La hausse des tarifs de Valoris, nécessaire pour équilibrer le budget du centre de valorisation de matières résiduelles, coûtera officiellement 3,5 M$ à la Ville de Sherbrooke en 2019. En attendant différents scénarios pour l’avenir de Valoris, cet automne, les élus ont voté à majorité, à contrecœur, pour cette dépense additionnelle.

« C’est une modification qui ne fait l’affaire de personne, moi-même en partant. On va faire avec dans notre budget, mais ce n’est pas quelque chose qu’on avait prévu. La vérificatrice générale sort son rapport le 2 juillet et on verra la disposition de ce rapport et on viendra probablement par la suite voir des choses du passé », commente le maire Steve Lussier, qui agit également comme président de Valoris.

Le directeur général intérimaire de Valoris, Denis Gélinas, a réitéré que les dépenses de l’organisation sont plus importantes qu’anticipées alors que le tonnage de déchets traités est inférieur à ce qui était anticipé.

Au premier trimestre de 2019, une baisse de 23 % du tonnage acheminé chez Valoris était anticipée, ce qui devait entraîner une perte de revenus de 1,8 M$. Certaines dépenses et obligations contractuelles n’avaient pas été considérées non plus dans la confection du budget, si bien, que le coût de traitement des déchets est passé de 133 à 237 $ la tonne. Pour Sherbrooke, qui génère annuellement 34 000 tonnes de déchets, l’impact financier pour 2019 sera de 3,5 M$. À noter que sur une base annuelle, le traitement des déchets coûte 8,2 M$ aux Sherbrookois.

Les 3,5 M$ sont calculés sur le tonnage réel anticipé à partir du 1er avril, soit 27 300 tonnes.

Denis Gélinas indique par ailleurs que les citoyens ont une part de responsabilité en déposant les bonnes matières dans les bons bacs. Ce sont 42 % des matières résiduelles qui sont encore déposées dans les bacs noirs.

La conseillère Évelyne Beaudin a voté contre l’adoption du budget supplémentaire après que le maire eut rejeté une de ses suggestions. « Le budget a été étudié à l’automne et on nous arrive déjà avec une demande additionnelle substantielle. Ce qui nous a menés là est une succession de mauvaises décisions. Je vous offre l’aide de tout le monde autour de la table et je propose que tous les élus reçoivent les documents en même temps que le C.A. de Valoris. Si on dit que deux têtes valent mieux qu’une, 17 valent mieux que trois. »

La réaction de Steve Lussier a été d’offrir un siège d’administrateur suppléant à Mme Beaudin, puisque Danielle Berthold a demandé à quitter ce poste pour des raisons d’horaire.

Pierre Tremblay a lui aussi rejeté cette demande budgétaire additionnelle. « Je refuse d’investir 3,5 M$ additionnels dans un fiasco financier qui devient de plus en plus un trou sans fond. Ce montant représente 2 % de taxation pour les citoyens. Je ne crois aucunement en l’avenir et en la rentabilité de Valoris. La vérificatrice générale remettra son rapport au début juillet et je l’anticipe comme désastreux. »

Chantal L’Espérance partageait une opinion semblable à celle de M. Tremblay, mais a tout de même donné son accord aux dépenses additionnelles. « J’aimerais faire comme vous M. Tremblay et voter contre ce budget, mais nous ne saurions pas quoi faire de nos déchets. Je suis d’accord qu’il faut trouver une solution pour de bon. Je trouve désolant ce qu’on a à mettre comme argent. Pour la gestion, j’ai très confiance dans l’apport de M. Gélinas, mais mon Dieu, il faut que ça arrête. »

Marc Denault suggère pour sa part de demander l’aide de « l’extérieur ». « Heureusement, la vérificatrice générale va enquêter sur le passé à Valoris. Ça nous éclairera. Il nous faudrait un plan d’affaires pour les cinq prochaines années que nous ferions valider par quelqu’un de l’extérieur. Mais si on dit non à Valoris, où mettrons-nous les matières résiduelles? »

Steve Lussier dit avoir une pleine confiance en Denis Gélinas à la direction générale et affirme n’avoir eu aucun contact avec l’ancien directeur général depuis son départ.

Valoris espère toujours obtenir une aide financière récurrente du gouvernement du Québec. Des attachés de ministres devraient se rendre à Bury le 4 juillet à ce sujet.

Le budget de Valoris est passé de 14 à 15,4 M$ en 2019.