Nouvel imbroglio autour de Valoris alors que le maire Steve Lussier, vice-président du centre de valorisation des matières résiduelles, et son président, Robert Roy, semblent adopter des discours contradictoires concernant les finances de l’organisation.
Nouvel imbroglio autour de Valoris alors que le maire Steve Lussier, vice-président du centre de valorisation des matières résiduelles, et son président, Robert Roy, semblent adopter des discours contradictoires concernant les finances de l’organisation.

Valoris : Robert Roy comprend mal comment Sherbrooke gère l’information

Nouvel imbroglio autour de Valoris alors que le maire Steve Lussier, vice-président du centre de valorisation des matières résiduelles, et son président, Robert Roy, semblent adopter des discours contradictoires concernant les finances de l’organisation. À la source de la confusion, une demande du conseiller Pierre Tremblay, qui souhaitait voir le rapport financier du premier trimestre de Valoris en 2020.

Le document demandé par M. Tremblay, pour lequel il a été invité à faire une demande d’accès à l’information lundi, était publié sur le site de Valoris mardi matin en prévision de la réunion du conseil d’administration de jeudi. Robert Roy admet ne pas comprendre le cheminement du dossier à Sherbrooke.

Rappelons que la régie intermunicipale Valoris, où sont acheminés les déchets de Sherbrooke et du Haut-Saint-François, a haussé ses tarifs de 133 à 237 $ la tonne au cours de l’année 2019. Au final, les seuls déboires financiers de Valoris sont responsables de deux points de pourcentage dans la hausse de taxes infligée aux Sherbrookois en 2020.

Lundi au conseil municipal, Pierre Tremblay a tenté de faire inscrire sa demande à l’ordre du jour avant de publier ses doléances sur Facebook. « J’ai demandé à huis clos au maire d’avoir accès au rapport financier du premier trimestre de Valoris, comme il s’agit d’une année charnière pour cette régie. Le maire a refusé et m’a demandé de faire une demande d’accès à l’information. Il faut le faire, référer un élu à la Loi d’accès à l’information! Bonjour la transparence! Je comprends de cette attitude du maire que ça ne va pas bien chez Valoris, car dans le cas contraire, je suis certain qu’il se serait empressé de le rendre public tout en se félicitant. »

Steve Lussier a invité son collègue à faire une demande d’accès à l’information « par respect pour les autres municipalités de la régie » et à assister au C.A. de Valoris, où l’information demandée sera divulguée jeudi. « Je me verrais mal donner de l’information sans que les autres municipalités aient été mises au courant. »

Robert Roy, qui est aussi préfet de la MRC du Haut-Saint-François, comprend mal comment l’information est gérée à Sherbrooke.

« Je ne peux pas être plus transparent. Il n’y a pas un de mes maires qui n’est pas informé de ce qui se passe à Valoris. Tous les mois, je passe le procès-verbal en revue avec tous les maires et je leur explique ligne par ligne. Je ne veux pas m’immiscer dans ce qui se passe à Sherbrooke, mais si M. Tremblay n’a pas d’information, je comprends qu’il pose des questions. »

M. Roy dit avoir déjà précisé à ses membres qu’il n’anticipe pas de déficit occasionné par la COVID-19. « Je donne l’information qui m’est transférée de mon C.A à mes maires. Je ne commencerai pas à prendre des notes pour les élus de Sherbrooke en plus. M. Tremblay n’était pas obligé de passer par l’accès à l’information. J’aurais répondu à toutes ses questions. J’essaie de trouver la façon dont on pourrait transmettre l’information à tout le monde. Si les gens autour de la table à Sherbrooke ne sont pas à l’aise de répondre aux questions, je peux le faire. Je vais essayer que l’information de A à Z soit transférée à tous les élus. »

À savoir s’il remet en question le mode de communication de Steve Lussier, Robert Roy demeure muet.

Un manque à gagner théorique

Les documents du C.A. de Valoris de jeudi prochain laissent entrevoir un manque à gagner de 655 730 $ pour la période du 1er janvier au 31 mars, sur un budget de 16,4 M$. Robert Roy tente de se montrer rassurant. « Nous avons payé plus de 60 % du montant prévu pour la dette en 2020 alors que nous avons seulement le quart de l’année de passée. C’est un déficit fictif qui s’effacera autour du mois de juin. C’est la première année que nous arrivons à payer la dette avec nos surplus plutôt que d’avoir à demander à la Ville de Sherbrooke de nous payer à l’avance pour ses déchets. » Une bonne nouvelle, selon le président de Valoris.

M. Roy ajoute que toutes les Villes sont déficitaires en début d’année en raison des paiements d’assurances et autres frais fixes.

On note aussi dans le bilan financier que les frais juridiques atteignent 273 % du montant budgété. « C’est que le salaire de notre directeur général était pris dans ce poste de dépenses dans le passé, mais ce sont 48 000 $ sur les 57 000 $ dépensés qui seront transférés dans un autre poste de dépenses. »

Enfin, Robert Roy note qu’il faut aussi tenir compte des revenus plus importants que ce qui était anticipé, notamment pour la vente des matières de construction, rénovation et démolition, qui atteint déjà 70 % des prévisions.