Les résidences pour aînés en milieu rural sont plus courues que jamais. Elles permettent aux amoureux de la vie en campagne d’y rester plus longtemps au lieu d’avoir à s’habituer à la vie dans une grande ville.

Une popularité croissante pour les résidences pour aînés en milieu rural

La transition entre la maison et la résidence est une période parfois difficile à vivre pour les personnes âgées. Les résidences pour aînés situées en milieu rural permettent d’atténuer certaines appréhensions face à cette étape dépaysante, par leur taille et leur aspect familial.

C’est avec de la musique et du café que le Manoir de l’Eau Vive, à Cookshire-Eaton, a joué cette carte, dimanche, à l’occasion de la journée portes ouvertes du Regroupement québécois des résidences pour aînés. Provenant de différentes municipalités du Haut-Saint-François, des aînés sont venus visiter la résidence, une des seules qui offre autant de services dans la région tout en étant en milieu rural.

« Je me cherche une résidence depuis quelque temps pour venir vivre mes vieux jours, affirme Ferdinand, qui a vécu toute sa vie dans le canton de Lingwick. Comme c’est une décision importante, je prends la peine de visiter plusieurs établissements avant de prendre ma décision. J’ai passé toute ma vie à la campagne, donc j’aimerais me trouver une résidence qui n’est pas dans la grande ville. Il y en a bien peu qui offrent des services et souvent, il y a peu de places disponibles. »

« L’ambiance est agréable, les résidents ont l’air de bien se connaître et d’avoir de bons rapports avec le personnel. C’est le type de milieu que je recherche, un endroit qui va me rappeler la vie de village où tous se connaissent et échangent des politesses, ajoute l’homme, qui s’apprête à vivre le grand saut. »

Une grande famille

Consciente que l’emplacement en milieu rural de la résidence aide à sa popularité auprès des aînés qui ont vécu dans ce type de milieu tout au long de leur vie et convient à leurs désirs, la directrice générale de l’établissement, Sylvie Lapointe, a décidé de miser sur cet aspect depuis son entrée en poste.

« On mise beaucoup sur le fait qu’on est situé en milieu rural et que l’ambiance ressemble à la vie en campagne, explique-t-elle. Il y a 88 portes au Manoir, ce qui nous permet de traiter les résidents comme des individus et non comme des numéros, ce qui a plus de chances d’arriver dans des résidences de 400 portes comme on en retrouve dans les grandes villes. Tous les employés connaissent les résidents par leurs prénoms, ce qui rend le milieu des plus chaleureux. On est vraiment une grosse famille qui vit sous un même toit, ce qui explique comment notre taux d’occupation est passé de 66 % à 100 % en un peu plus d’une année. »

« Les gens de la campagne qui sont rendus à l’étape d’habiter en résidence vivent pour la majorité d’entre eux un stress énorme causés par la transition de la maison à la résidence. Ils ne veulent pas quitter ce qu’ils ont connu et changer leur réalité de manière drastique en allant s’établir dans une grande ville », poursuit-elle.

Trois anciens résidents de la Résidence Sawyerville, qui a été contrainte de fermer ses portes à l’hiver dernier, ont d’ailleurs choisi de venir s’installer au Manoir de l’Eau Vive. Leur désir de rester dans leur région les a amenés à faire ce choix.

« Lorsque la fermeture a été annoncée, plusieurs résidents se sont informés pour venir s’installer ici à cause de la proximité avec leur ancienne résidence. Ils aiment la région, donc ils ne voulaient pas partir vers d’autres endroits qui ne leur sont pas familiers, confie une infirmière auxiliaire qui travaille au Manoir depuis quatre ans. Un d’eux avait été s’installer dans une résidence à Richmond avant de revenir ici par ennui pour sa région. Il y en aurait eu plus que trois si on avait eu plus de places disponibles. »