Une vingtaine de citoyens membres du Collectif Val Estrie, dont Diana Guerra, demande l’aide de Waterville pour faire avancer leur projet de conversion du bâtiment en espace communautaire.

Une pétition pour convertir Val-Estrie

Une pétition signée par 593 personnes a été déposée au conseil municipal de Waterville, lundi soir, dans le but d’obtenir l’appui de la municipalité pour faire cheminer un projet communautaire dans le bâtiment de l’ancien Camp Val-Estrie et pour évaluer les possibilités de rentabiliser le projet.

« Nous avons présenté notre projet au conseil municipal le 29 novembre dernier. L’accueil a été positif et deux conseillers sont venus s’assoir à la table avec nous pour analyser le projet. On a besoin d’avoir les chiffres avant de se lancer dans le projet et on a besoin du conseil municipal pour nous aider dans cette étape. On veut surtout savoir si les citoyens sont intéressés à ce que ce projet voie le jour », explique Diana Guerra, membre du Collectif Val Estrie.

Fermé en 2016, Val-Estrie a été acheté par des investisseurs privés locaux il y a un peu moins d’un an. Le projet vise à aménager des locaux municipaux dans le bâtiment ainsi que d’établir des espaces de travail à louer pour les entrepreneurs.

La MRC de Coaticook ainsi que la Société d’aide et de développement de la collectivité de la région de Coaticook ont démontré leur intérêt pour le projet, tout comme les nouveaux propriétaires. Ces derniers peuvent cependant changer d’avis à tout moment et procéder à la démolition du bâtiment pour payer moins de taxes municipales ou sauver les frais d’entretien annuels estimés à 100 000 $. 

« C’est un projet d’envergure et on sent que la population a à cœur le joyau patrimonial qu’est Val-Estrie. On sait que des services municipaux vont devoir être aménagés dans de nouveaux locaux, donc le moment est bon. Il y a aussi beaucoup de travailleurs autonomes et d’entrepreneurs qui se cherchent des locaux pour travailler ainsi que faire du réseautage. On a une esquisse pour le moment, mais avec le sondage si la ville décide de nous appuyer, on va pouvoir faire un plan financier solide et savoir où on s’en va concrètement », poursuit la porte-parole. 

Vive opposition

Les citoyens présents lors du dépôt de la pétition n’étaient pas tous en faveur du projet. Deux citoyens se sont opposés à ce que la municipalité consacre des fonds publics à la réalisation de ce projet, qui bénéficierait qu’à une certaine clique, ont-ils dit.

« On paye pour la bibliothèque, la salle communautaire et tellement d’autres choses déjà, a fait valoir l’un d’eux. Ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de dépenser encore et toujours pour toute sorte de projets, j’espère vraiment que le projet du collectif ne sera pas réalisé avec l’argent des citoyens. »

Un résident de longue date a quant à lui argumenté que le projet devrait être développé par les propriétaires et les intéressés seulement. « La Ville a investi de l’argent des citoyens dans Val-Estrie par le passé et ç’a fait faillite. Les propriétaires peuvent faire ce qu’ils veulent avec le bâtiment, mais la Ville ne devrait pas avoir à investir quoi que ce soit dans ce projet. »

Dupuis médiatrice  

La mairesse Nathalie Dupuis s’est contenté de dire que la Municipalité allait offrir son aide au Collectif Val Estrie pour réaliser un sondage visant à mesurer l’intérêt de la population et les avenues possibles pour redonner vie au bâtiment, sans toutefois s’engager à plus.

« On est prêt à élaborer un sondage avec la MRC et les aider à faire un plan d’affaires, ça ne devrait pas avoir de coûts pour les citoyens », a-t-elle dit à l’issue de la rencontre. 

« Ça ne coûte pas cher de regarder les possibilités, mais ce n’est pas à la Ville de développer ce projet d’initiative citoyenne. On va collaborer à faire le sondage et regarder le résultat par la suite, on va mettre du temps, mais pas d’argent. »